Nombre d'organisations de producteurs et de petits
exploitants sont conscientes du marché du café biologique. Parce qu'un grand
nombre d'entre eux n'utilisent pas, ou au minimum, de produits de l'agrochimie,
la conversion semble une option logique en particulier lorsque les prix sont
bas. Outre le problème de l'éventuelle surabondance de l'offre, les producteurs
potentiels devraient aussi être attentifs aux coûts de la certification. Ils
doivent s'assurer non seulement que leur production future sera conforme aux
règles de la production biologique, mais aussi que le système d'inspection
proposé est conforme à la réglementation des marchés d'importation ciblés.
Pour les aider à cet égard, le secteur des produits
bio a conçu un Système de Contrôle Interne (SCI) qui offre une solution pratique
et rentable pour l'inspection. Généralement, si un groupe de producteurs compte
plus de 30 membres il peut prétendre à un SCI. Bien qu'un SCI puisse être
relativement lourd, il constitue un moyen d'abaisser les coûts de l'inspection.
En l'absence d'un tel système, chaque membre doit faire l'objet d'une inspection
annuelle, ce qui est extrêmement coûteux, notamment pour les groupes les plus
grands dont les membres sont géographiquement très dispersés. Avec un système de
contrôle interne approprié, seul un échantillon aléatoire de producteurs est
soumis à inspection par un organisme de certification indépendant. Les
principales caractéristiques SCI comprennent :
- Une réglementation normalisée interne, y compris
des sanctions;
- Du personnel;
- Une infrastructure;
- Une formation et des informations;
- Un contrôle de toutes les exploitations (100 %) au
moins une fois par an;
- Le suivi des flux de production.
L'importance de l'échantillon prélevé au hasard qui
est effectué par l'organisme d'inspection extérieur dans le cadre du SCI suscite
de vives discussions au sein de l'Union européenne. La plupart des autorités
compétentes demandent qu'un prélèvement sur 10 % des producteurs fasse l'objet
d'une inspection annuelle, mais certains fonctionnaires considèrent que ce
chiffre est bien trop réduit pour donner aux consommateurs les garanties
souhaitées et veulent des échantillons beaucoup plus larges. D'autres estiment
que 10 % c'est beaucoup trop, notamment pour les organisations de producteurs
rassemblant un grand nombre de membres et où l'accès aux zones de culture peut
s'avérer difficile. Cependant, la méthode empirique que les autorités
compétentes semblent accepter est la racine carrée pour l'inspection extérieur,
autrement dit, 100 membres = 10 inspections, 400 membres = 20 inspections et
ainsi de suite.
En règle générale, la méthode empirique que les
autorités compétentes semblent accepter est la racine carrée pour l'inspection
extérieur, autrement dit, 100 membres = 10 inspections, 400 membres = 20
inspections et ainsi de suite. À noter que certains torréfacteurs présentent des
échantillons aléatoires de café à des fins d'analyses chimiques pour vérifier
l'exactitude de l'inspection et le processus de certification.
NB. Au
début 2007, la USDA (Département de l'agriculture des Etats-Unis) a cependant
déclaré que "l'emploi des Systèmes de contrôle internes comme procuration pour
des inspections sur place de chaque unité de production (lire petit exploitant)
par l'agent de certification ne sera plus autorisé parce qu'il n'est pas
cohérent avec la NOP". La proposition américaine de retirer l'acceptation du SCI
a donné lieu à beaucoup d'agitation dans le secteur biologique et il est au
présent (juin 2007) le sujet de débat entre la USDA et les Associations
caféiéres des Etats-Unis. Cependant, jusqu'à ce que cette question soit
clarifiée, le programme SCI reste valable pour des exportations vers les
Etats-Unis, mais des cultivateurs et des fournisseurs du café bio vers les
Etats-Unis sont conseillés de surveiller les événements très attentivement. Voir
également les QR 047 et 154 dans l'archive de Q&R.