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  • 13.2.3-LE CHANGEMENT CLIMATIQUE ET L'INDUSTRIE DE CAFÉ-LA MESURE ET LA PRÉVISION DES CHANGEMENTS CLIMATIQUES - UN BREF APERÇU

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  • La mesure et la prévision des changements climatiques - un bref aperçu

     
     
    Les modèles globaux de changement climatique font des projections sur des climats futurs basés sur la compréhension actuelle de ce qui détermine l'évolution du climat. Ces modèles sont ensuite liés aux impacts potentiels sur les cultures, particulièrement les cultures de céréales compte tenu de l'importance de la sécurité alimentaire mondiale.
     
    Les essais contrôlés sur terrain font pousser des cultures dans un environnement contrôlé où les variables peuvent être modifiées, par exemple la concentration des différents gaz dans l'atmosphère, la disponibilité de l'eau et des niveaux de température. Ceci est crucial pour comprendre comment le changement climatique affecte chaque culture. Toutefois, intégrer les résultats dans des modèles de changement climatique à grande échelle  demeure plein d'incertitude.
     
    Les modèles intégrées de culture climatique cherchent à résoudre certains de ces problèmes, notamment le fait que les différentes cultures réagissent différemment aux facteurs extérieurs. Mais d'autres facteurs, comme des changements dans l'utilisation des terres par exemple, peuvent affecter les climats locaux, ce qui empêche de tels modèles d'obtenir des résultats totalement exhaustives.
     
    L'analyse statistique des climats passés est utilisé pour déterminer l'impact sur la production de cultures du passé et d'évaluer comment ces cultures pourraient réagir à l'avenir. Mais cela suppose des données historiques suffisantes, ce qui n'est pas toujours le cas. De plus, il n'est pas certain que les réactions du passé se répéteront.
     
    Les scénarios de changement climatique ont été élaborés par le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC -www.ipcc.ch), basée sur quatre scénarios différents de divers mondes à venir. Celles-ci se différencient en termes de projections de la croissance démographique, des modifications du PIB mondial, des différences de revenu par habitant entre pays développés et pays en voie de développement, et le niveau de vigueur de l'économie (lié aux niveaux d'émission).
     
    Le fil véhiculaire de tous ces scénarios est la complexité mélée à l'incertitude.
     
    Ainsi, les modèles devraient simplifier certains paramètres, ce qui pourrait avoir des répercussions considérables sur leurs résultats. En général, les incertitudes deviennent plus grandes au fur et à mesure que les projections d'avenir sont faites. De plus, il y a un écart substantiel entre les modèles climatiques globaux à grande échelle (ils ont généralement une résolution de plus de 100 kms) et les petites échelles de la plupart des fermes d'exploitation (généralement moins de 10 kms). Les études actuelles sur la modélisation du climat ont également d'importants partis pris régionaux, en raison d'un manque de données dans de nombreux pays en voie de développement, par exemple sur les statistiques de précipitations. De plus, les différentes cultures sont supposées réagir différemment à des concentrations de CO2 dans l'atmosphère. Et finalement, il y a des événements comme les inondations et les sécheresses qui devraient devenir plus fréquentes et plus sévères en raison du changement climatique. Mais il est actuellement très difficile d'en prédire l'impact...
     
    La plupart des études de modélisation liées aux cultures agricoles comprennent des projections sur
    • Les changements dans les rendements en raison de changements dans les climats saisonniers;
    • Les changements dans le potentiel de production en raison de facteurs tels que le rendement, la disponibilité des terres et des saisons de croissance plus ou moins longues;
    • La réaction des cultures aux changements des conditions atmosphériques;
    • Les changements dans les prix et la structure du commerce en raison des changements climatiques;
    • Les changements dans la sécurité alimentaire, à savoir le nombre de personnes menacées de famine;
    • L'écoulement des eaux  et le stress lié à l'eau;
     
    Mais, il y a d'autres aspects et impacts potentiels qui sont difficiles à inclure dans les modèles actuels ...
     
    Relations entre le changements climatique et la dégradation des sols.
     
    Selon le GIEC les pratiques de gestion des terres seront le facteur le plus influent sur la teneur de matière organique du sol au cours des prochaines décennies. Le changement climatique est susceptible d'augmenter la fréquence et la distribution des vents plus forts et de précipitations accrues, deux principaux facteurs d'érosion, conduisant vraisemblablement à la diminution de la capacité des sols à retenir l'eau. Cela revêt une importance particulière sur la production des cultures dans les zones semi-arides et arides, en particulier si cela est associé à une augmentation des températures.
     
    La disponibilité de l'eau: Dans un monde plus chaud, on s'attend à  ce que le cycle hydrologique devienne plus intense, susceptible de créer des régions «très humides» et «très sèches»  par rapport aux mesures antérieures. Globalement, il est prévu que le nombre de personnes qui seront exposées à des sécheresses extrêmes augmentera en  raison du changement climatique.
     
    Événements extrêmes: Ceux-ci peuvent avoir une forte influence sur l'agriculture, mais il est difficile d'en prévoir l'impact. Sans doute l'événement le plus connu est le phénomène El Niño qui se produit irrégulièrement, mais affecte considérablement les conditions météorologiques dans de nombreuses régions du monde. Le terme El Niño désigne le réchauffement à grande échelle des eaux de la surface de l'océan Pacifique, (chaque 3-6 ans), qui dure habituellement de 9-12 mois, mais qui peut continuer jusqu'à 18 mois et qui affecte le climat du monde entier de façon significative. Prédire l'occurrence des événements d' El Niño (mais pas leur impact sur l'agriculture) n'a  été possible que depuis les années 1980 lorsque la puissance de calcul des ordinateurs est devenue assez grande pour le faire.
     
    L'impact d'El Niño sur la production de café a été étudié de près en Colombie. Au cours de sa durée dans la région andine de la Colombie, une diminution de précipitations a été enregistrée alors que l'intensité solaire et les températures étaient en augmentation. Cela a provoqué une chute de production dans certaines régions, en particulier dans les zones de basse altitude où le niveau de précipitations est inférieure à 1,500 mm / par an, où la rétention de l'humidité  et l'exposition de la culture à la lumière du soleil sont faibles. Le manque d'eau pendant les phases critiques du développement des fruits entraîne aussi un risque élevé de fèves noires, petites fèves et d'autres défauts, ainsi qu'un accroissement des parasites tels que le scolyte des cerises de café.