Une hypothèse fréquemment rencontrée est que les
cultivateurs de café peuvent (facilement) bénéficier de ce qu'on appelle la
compensation-carbone, ou marché du crédit-carbone. Il en est ainsi parce que les
chaînes de supermarchés, autres revendeurs et les associations de consommateurs
demandent, parfois publiquement, à la chaîne de distribution du café
(torréfacteurs, importateurs, et autres) d'évoluer vers ce qu'on appelle une
empreinte carbone-neutre des produits. Il s'agit d'une situation où les
émissions de gaz carbonique (dioxyde de carbone ou CO2) produits par la chaîne
du café sont compensés par des activités de réduction du carbone. Et oui, en
principe, la culture de café présente un potentiel pour ces activités mais il
faut souligner qu'actuellement les compensations basées sur l'agriculture ne
sont pas généralisés. Pour des raisons qui seront expliquées ci-dessous.
Mais tout d'abord
...
Les différents
écosystèmes ont chacun un potentiel distinct pour piéger les atomes de
carbone. Une forêt tropicale isolera plus de carbone qu'une forêt
tempérée, que des prairies ou qu'un écosystème agricole. De même, les différents
systèmes agricoles de café ont un potentiel distinct pour piéger les atomes de
carbone: le café forestier, les parcelles des petits exploitants, les
plantations commerciales, le café avec ou sans ombre, le café avec ou sans
culture intercalée, etc. Mais, alors qu'on assume souvent que la production de
café ne contribue pas aux émissions de GES, le fait est que le contrôle d'une
entière exploitation agricole indiquera des fuites de GES, dont les plus
évidentes proviennent de l'utilisation des tracteurs, des véhicules, des moteurs
électriques, de la combustion du bois de chauffage et autres qui contribuent aux
émissions de GES. Voir également la section 13.04.03.
Le protocole de Kyoto mentionné dans la section
13.01 de ce document a créé ce qui est connu comme le Mécanisme de développement propre ou MDP. Cela
permet aux pays développés d'investir dans les pays en voie de développement
dans des projets vissés à réduire les émissions de GES et à favoriser le
développement durable moyennant des projets structurés qui peuvent donner lieu à
la vente des Réductions d'émissions certifiées ou CER (de l'anglais Certified
Emission Reductions). Les projets MDP sont tenus de démontrer leur
additionnalité, c'est à dire qu'ils ont un effet de valeur supplémentaire ou une
valeur ajoutée dans ce scénario de GES. En vertu du concept d'additionnalité,
les plantations de café devront prouver qu'ils ont épargné GES en plus de tout
ce qui a déjà été fait. La marge 'd'additionnalité' est toujours comparée à un
niveau de référence mis en place en comparant les exploitations avec et sans le
Projet CDM.*
Qu'est que cela
veut dire?
- Les plantes
établies, soit le café ou d'arbres d'ombre ne sont pas pris en compte car
ils font déjà partie du milieu naturel. Cependant, la conservation de la
couverture forestière actuelle et l'amélioration des pratiques agricoles
générales résultant d'un fonctionnement plus respectueux de l'environnement des
caféiers, sont d'autres moyens d'obtenir les crédits de carbone à condition que
les avantages GES puissent être démontrés.
- De nouvelles
activités peuvent être considérées telles que l'introduction de
l'agriculture alternée avec des plantes qui se prêtent bien à l'absorption des
GES, la plantation de nouveaux arbres d'ombre et la réhabilitation des terres et
des coteaux dégradés. Cela pourrait également inclure la plantation de caféiers
supplémentaires et d'arbres d'ombrage mais seulement s'il peut être prouvé que
les terres en question étaient restées dans un état prolongée de dégradation
….
- La comptabilision
pour déterminer le résultat net de différentes activités sont complexes et le
résultat final pourrait justifier l'effort s'il s'agissait de grandes
superficies. Ce qui rend difficile, voire impossible, la participation directe
des petits exploitants dans le programme de compensation de
carbone.
L'avantage du processus CDM est qu'il résulte en
des crédits de carbone "certifiés" avec traçabilité et crédibilité conformément
aux procédures du Protocole de Kyoto. De tels crédits peuvent être négociés sur
des marchés formellement établis fonctionnant avec des procédures transparentes
de prix.
Dans la pratique donc, l'approche CDM peut ne pas
être la mieux adaptée pour les petits exploitants de café en raison de la
difficulté à mesurer avec exactitude les différents processus de production de
café en termes d'impact sur les GES
* La définition des mécanismes pour isoler les GES
de l'atmosphère et des objectifs pour limiter les émissions de GES ont été
nécessaires, donc la réponse mondiale fut concrétisée dans un document intitulé
Le Protocole de Kyoto. La source plus connue du réchauffement de la planète sont
les énergies fossiles (la production d'électricité, les usines, le transport,
etc.) mais la déforestation dans des pays non-industrialisés y contribue
également assez considérablement tout en réduisant le nombre d'arbres
disponibles. Les arbres sont absorbeurs de CO2 très efficaces alors qu'en les
brûlant ils libèrent du dioxyde de carbone dans l'atmosphère.. Des industries et
d'autres qui produisent GES peuvent calculer leurs émissions et les compenser
par des certificats de réduction des émissions ou CER. Par exemple,
l'investissement pour la plantation de nouveaux arbres ou de sources d'énergies
renouvelables, que ce soit directement ou (principalement) par l'achat des
certificats de compensation ou d'énergies renouvelables générées par d'autres
qui se livrent à ces activités. Le marché international pour de tels certificats
se développe rapidement et il est connu généralement comme le marché de
compensation des émissions. Davantage d'informations de base sont disponibles
sur le site
www.c.v.s.org