Les exploitations de café en général, et les
petites exploitations en particulier ne contribuent pas considérablement aux
émissions de GES, mais cela ne veut pas dire que les cultivateurs ne devraient
pas s'engager dans des mesures d'atténuation, c'est à dire de réduire leur
empreinte carbone. Cependant, les exploitations de café dans un grand nombre si
ce n'est la plupart des pays offrent souvent la possibilité d'accroître leur
feuillage, soit par la plantation (supplémentaire) d'arbres d'ombre ou en
augmentant la totalité du feuillage dans une ferme ou dans un secteur délimité.
À condition que cela soit une activité supplémentaire, c.-à-d. qu'elle n'aurait
pas été mise en place sans l'incitation à gagner des crédits de carbone, de
telles plantations peuvent générer des crédits carbone négociables par le
processus de séquestration du carbone que les arbres supplémentaires
produiront.**
Services
environnementaux. Une discussion particulièrement intéressante et
potentiellement de grande importance pour le secteur du café, est de savoir si
le maintien d'exploitations de café ombragées, à savoir la conservation des
arbres d'ombre existants et leur puissance de piéger le carbone, devraient
compter pour l'obtention de crédits carbone. Après tout, les exploitations de
café en terrain ombragé piègent et conservent plus de carbone que le café
cultivé en plein soleil, mais au prix de rendements inférieurs. C'est pourquoi
il y a un risque potentiel de surcoût à adopter ces méthodes de conservation
plutôt que la culture du café au soleil.
Bien que dans certains cas, ce coût puisse être
compensés, s'il est lié aux prix du café haute de gamme comme le bio, l'absence
d'incitations pour que les agriculteurs fournissent ce type de services
environnementaux est évidente. En outre, les agriculteurs ne devraient-ils pas
être récompensés pour conserver l'ombrage existant comme cela est proposée pour
les forêts dans le programme REDD (Réduction des émissions résultant du
déboisement et la dégradation des forêts)?
La condition actuelle selon laquelle les
agriculteurs cultivant le café sous ombrage devraient planter des arbres
supplémentaires avant qu'ils puissent se qualifier pour un crédit carbone,
signifie en réalité que les services environnementaux qu'ils fournissent sont
déjà ignorés.
Fin 2009 nous n'avons pas encore connaissance de
projets concernant le café qui auraient produit des crédits de carbone
négociables, mais il y a un certain nombre de projets en cours vers cette
direction. Par exemple:
- CATIE, le Centre
agronomique tropical de recherche et de formation au Costa Rica - www.catie.ac.cr en
2004-2006, a élaboré un manuel technique sur la façon de comptabilizer le
carbone - la Capture du carbone et le développement de marchés environnementaux
pour les fermes indigènes de cacao et d'autres systèmes d'agrosylviculture. Pour
plus d'informations contacter Eduardo Somarriba à esomarri@catie.ac.cr.
- CATIE
travaille également avec le Fondo Nacional de Financiamiento Forestal (FONAFIFO)
au Costa Rica sur un Programme de paiement pour des services environnementaux
visant à établir des critères concernant les paiements environnementaux aux
plantations de café ombragées. Pour de plus amples renseignements à ce sujet
contactez Elias de Melo à eliasdem@catie.ac.crou Jeremy Haggar à jhaggar@catie.ac.cr
- Le Rainforest
Alliance - www.rainforest-alliance.org, avec un financement de
la Société financière internationale, a accompli un projet de deux ans
(2008/2009) intitulé «Le développement et la mise en place d'un méthode crédible
de surveillance du carbone pour les exploitations de café» ayant comme but la
lutte contre la changement climatique tout en favorisant le reboisement; de
permettre aux agriculteurs de vendre le carbone que les arbres supplémentaires
piègeront de l'atmosphère; d'éviter les coûts élevés habituellement associés à
la transaction des projets de compensation de carbone, et de développer une
méthodologie qui puisse être utilisée dans d'autres régions et secteurs.*** Un
aperçu du projet est disponible à http://www.rainforest-alliance.org/climate.cfm?id=carbon_coffee
- Le même projet de
Rainforest Alliance a produit un manuel d'orientation intitulé «Guide
pour le développement du carbone dans le café en utilisant la méthodologie
d'agrosylviculture simplifiée». Ce guide traite de l'entiere séquence du projet,
à partir de l'identification jusqu'à la négociation des crédits carbone. En
d'autres termes, un examen complet du développement des projets de carbone.
Téléchargez le Guide complet (en anglais ou en espagnol) sur http://www.rainforest-alliance.org/climate/documents/coffee_carbon_guidance.pdf.pdf
- Adaptation au
changement climatique pour les petits exploitants est un partenariat
public-privé entre le Cafédirect plc (www.cafedirect.co.uk) et la Coopération technique
allemande (GTZ - http://www.gtz.de/en) qui vise à renforcer les
capacités des petits producteurs de café et de thé à s'adapter au changement
climatique et à améliorer leur accès aux mécanismes de financement respectifs.
La mise en œuvre a débuté en 2009 avec des groupes pilotes de producteurs au
Pérou, au Nicaragua, au Mexique et au Kenya. L'objectif général est de diffuser
les résultats et les leçons apprises au niveau international et d'arriver
graduellement à une empreinte plus large avec plus de partenaires
internationaux. La stratégie d'adaptation du groupe pilote péruvien est axée
autour d'un projet carbone de reboisement qui, bien que situé dans un bassin
d'eau plus élevé, fournit des effets d'adaptation aux régions productrices de
café plus basses.Pour plus de détails, y compris une série complète de documents
sur le projet, fiches documentaires et présentations de fond pertinentes visitez
http://www.adapcc.org/en/downloads.htm
- Le Fonds
BioCarbone de la Banque mondiale. C'est précisément en raison des
difficultés auxquelles sont confrontées de nombreux pays en voie de
développement pour participer au Mécanisme de développement propre - CDM, le
Fonds Biocarbone fournit un financement carbone pour des projets qui séquestrent
ou conservent des GES dans les forêts, les agrosystèmes et autres écosystèmes.
Visitez http://go.worldbank.org/IVUUKC9210. Actuellement,
le Fonds soutient environ 25 projets de reboisement, trois projets de REDD
(Réduction des émissions résultant du déboisement et de la dégradation des
forêts dans les PED) en Colombie, en Honduras et à Madagascar (les détails sont
fournis sur le site web) et est en train de se lancer dans des projets pilotes
de carbone du sol. Le Fonds BioCarbone travaille également avec le Green Belt
Movement au Kenya (GBM) sur le reboisement des terres dégradées. Ce projet
pilote paiera les communautés locales et leur fournira la technologie et la
connaissance pour reboiser ces terres et pour gérer la nouvelle forêt. Les
paiements du carbone permettront au GBM de répandre cette technique et ses
avantages à d'autres domaines.****
Tout ce qui précède indique que plus d'information
détaillée et des exemples concrets sur la manière dont les cultivateurs de café
devraient progresser dans un système de négociation dans le marché volontaire du
carbone, seront disponibles en 2010 ou au plus tard en 2011.
* Il est important de noter que le rapport et la
vérification crédibles des crédits carbone exigent que "l'Unité crédit carbone"
soit toujours la même, peu importe où et comment elle a été produite. Donc, pour
être crédible, un projet doit être conforme à des normes et procédures admises,
ainsi qu'à une accréditation, validation et vérification transparentes. Il doit
être correctement structuré et des registres adéquats doivent être tenus. Pour
plus d'informations à ce sujet visitez
http://www.adapcc.org/download/LPedroni-Carbon-Credits.pdf
** Un aspect intéressant des projets de
sylviculture est que les plantations etc, peuvent être surveillées grâce à des
images satellite, par exemple grâce à GoogleMaps.
*** Voir également La forêt mondiale et le Réseau
commercial (GFTN de l'anglais Global Forest and Trade Network)-
http://gftn.panda.org Le GFTN est une organisation
mondiale pour la faune et fournit des informations, des contacts et des outils
pour ce qui concerne la gestion durable des forêts et la certification
forestière.
**** L'inscription au site web du Fonds
Biocarbone donne l'accès à un certain nombre de documents, y compris des
rapports sur l'état des marchés du carbone (à la fois au titre du MDP qu'au
titre du carbone volontaire).