Le changement
climatique aura des conséquences sur les producteurs de café, en particulier les
petits exploitants qui sont les moins bien équipés pour les affronter. Les
domaines d'intervention comprennent (i) la modification des pratiques agricoles,
(ii)la création de l'organisation sociale et (iii) la participation à de
nouvelles stratégies de commercialisation.
Les domaines
d'appui stratégiques comprennent (i) l'amélioration de l'accès à l'information,
(ii) l'établissement de mécanismes financiers et (iii) l'investissement dans le
capital social.
En ce qui
concerne les opportunités du marché du carbone, la voie pour accéder aux crédits
carbone doit être précédée par l'établissement de lignes de base des émissions
de gaz à effet de serre et la surveillance des taux de séquestration du carbone.
Les méthodologies pour la surveillance, la comptabilisation et la Vérification
des émissions des projets d'utilisation des terres sont en cours
d'élaboration.
Le système du
marché volontaire de carbone semble être l'option préférée pour les crédits
provenant de la production de café parce que l'éligibilité des projets
d'utilisation des terres ou d'atténuation agricole sont très limitées au sein
des marchés obligatoires tels que le Mécanisme de Développement Propre (MDP). En
plus, le processus de demande est trop coûteuse et complexe pour les petites et
moyennes entreprises.
Le changement
climatique et le café
Alors que le changement climatique n'est qu'un des
nombreux facteurs qui peuvent influencer la production mondiale du café,
l'Organisation Internationale du Café estime qu'il sera probablement l'un des
plus importants, et que les petits exploitants (qui produisent la majeure partie
du café du monde) constitueront le groupe le plus vulnérable. En outre, il est
important de noter que les initiatives actuelles visant à réduire l'ampleur du
réchauffement de la planète sont essentiellement destinées à limiter le
réchauffement ultérieur, non pas à le renverser rapidement!
La complexité et l'incertitude font qu'il est
difficile d'être précis, mais il est généralement admis que le changement
climatique affectera à la fois les producteurs de l'arabica et du robusta. La
hausse des températures devrait rendre certaines zones de production moins
adaptées ou même totalement impropres à la culture du café, c.-à-d. que la
production devrait se déplacer et des cultures de substitution devront donc être
identifiées. L'incidence des ravageurs et des maladies augmentera alors que la
qualité du café est susceptible d'en souffrir, et ces deux facteurs pourraient
limiter la viabilité des producteurs actuels de café de haute qualité. Davantage
de café exigera une culture sous irrigation, augmentant ainsi la pression sur
les ressources limitées en eau. Tout ce qui précède contribuera à augmenter le
coût de la production, tandis que, dans l'avenir, moins de régions du monde
conviendront à la production de café. Si c'est ainsi, alors la croissance déjà
évidente de la concentration de production pourrait devenir encore plus
prononcée, apportant ainsi un plus grand risque de haute volatilité . Par
exemple, si un événement extrême réduisait sévèrement le rendement d'un des
producteurs plus importants.
La production de
café contribue à l'émission des gaz à effet de serre (GES) (tout comme les
autres maillons de la chaîne). L'industrie doit donc non seulement se concentrer
sur l'adaptation (aider les producteurs à faire face au changement climatique),
mais également sur l'atténuation (réduire sa propre contribution aux émissions
de GES). Il est important de différencier ces deux aspects, même s'ils sont
étroitement liés. En conclusion, l'industrie doit aussi se préparer à exploiter
les avantages qui jailliront de la production de crédits de carbone
compensatoires négociables.
Les stratégies
d'adaptation à court terme comprennent de meilleures pratiques agricoles et
le traitement plus efficace à la ferme. La plupart des agriculteurs
progressistes appliquent ces pratiques tout naturellement, mais les petits
exploitants n'ont pas toujours les ressources nécessaires et / ou la formation
pour agir ainsi. Les stratégies à plus long terme comprennent le renforcement
des capacités, la cartographie des données climatiques, l'amélioration de la
fertilité des sols, l'examen de différents modèles de production, le
développement ou la plantation de variétés résistantes à la sécheresse et aux
maladies. Et pour certains, à l'extrême, la diversification hors du café et / ou
le déplacement vers des zones plus adaptées.
Les stratégies de
l'atténuation à court terme comprennent le calcul et la réduction de
l'empreinte carbone sur la ferme et déterminer la faisabilité de créer des puits
de carbone. La stratégie à plus long terme serait de réunir les producteurs,
notamment les petits producteurs, avec les marchés de carbone pour exploiter les
opportunités de l'empreinte carbone. *
Priorités
Les petits exploitants produisent l'essentiel du
café du monde et l'industrie du café ne peut pas se permettre une forte baisse
de la production dans ce secteur. Cependant, la capacité des petits agriculteurs
à faire face aux changements climatiques est limité. Non toutes les points de
vue pour aller en avant concordent, mais trois domaines prioritaires sont
indiqués:
L'adaptation
1. Solutions techniques à court terme, destinées
aux producteurs, pour adapter la production et la transformation du café en
rapport avec la variabilité du climat actuel.
2. Des stratégies à long terme visant à améliorer
les conditions-cadres pour l'adaptation aux risques climatiques futurs, et à
renforcer les capacités nécessaires, y compris les mécanismes de
financement.
L'atténuation
3. Mesures, destinées à tous les participants à la
chaîne de valeur, visant à réduire les GES et à contribuer ainsi à la
protection du climat et la production de crédits carbone.
Ceci est confirmé par une enquête dans la région
méso-américaine qui s'est classée dans cinq domaines d'intervention possibles
comme suit:
- Plus
important: (i) changements des pratiques agricoles et (ii)
l'organisation sociale.
- Important: (iii) participation à de
nouvelles stratégies de marketing.
- Moins
important: (iv) nouvelles activités économiques, et (v) nouvelles
cultures commerciales.
Les recommandations stratégiques incluent, en plus
de reconnaître la valeur du capital humain, à savoir les connaissances agricoles
collectives qui existent déjà dans le secteur des petits exploitants:
- L'amélioration
de l'accès à l'information, y compris des informations du marché, la
technologie de l'agriculture, etc, et le développement de la capacité
d'interpréter ces informations.
- L'instauration
de mécanismes financiers, incluant l'assurance climatique, l'accès au
micro-crédit pour faciliter l'adaptation, c'est à dire biologique, cultures de
substitution, de nouvelles variétés, l'ombrage, etc
- L'investissement
dans le capital social, c'est-à-dire la construction de structures qui
permettent aux petits exploitants d'accéder aux ressources nécessaires pour
s'adapter au changement climatique, l'accès à de nouveaux marchés et
l'exploitation de la valeur sociale et environnementale de leurs activités
agricoles.
Malgré les progrès préparatoires considérables
accomplis dans le développement des deux méthodologies et outils, il est évident
que l'industrie dans son ensemble est encore au stade préliminaire de tentative
pour transformer la stratégie en action généralisée.
Credits
Carbone
Les crédits-carbone agricoles, c.-à-d. les
crédits générés par des pratiques agricoles comme la production de café, ne sont
pas éligibles au titre du marché du carbone obligatoire, y compris le Mécanisme
de Développement Propre (MDP). Par conséquent, les crédits de carbone
négociables ne comportent pas encore dans la production de café et jusqu'à ce
jour un seul projet MDP (le Projet forestier de Copeagri au Costa Rica) énumère
les producteurs de café parmi ses bénéficiaires indirects.**
Il y a plus de place pour des projets
d'utilisation des terres dans les plus petits marchés de compensation volontaire
du carbone - ce point est traité dans le sujet 13.04. Étant donné les
complexités liées au MDP, le consensus général parmi les chercheurs semble être
que le système de marchés volontaires du carbone présente la meilleure option
pour les producteurs de café. Mais encore, en fin 2009 il n'y avait aucun signe
évident d'aucune application à grande échelle dans le secteur du café.
Dans l'entre-temps, le groupe détaillant de
l'industrie de plus en plus est à la recherche de moyens pour réduire
l'empreinte carbone des produits (PCF de l'anglais Product Carbon Footprint ) à
travers la chaîne d'approvisionnement y compris le café. La comptabilité du PCF
dans le café est compliquée, coûteuse et complexe. En outre, 'il y a
généralement toujours un manque de concordance dans la comptabilité et en
faisant le rapport des PCF. Mais, pour le café un début encourageant a été
réalisé grâce à une étude parrainée par l'important torréfacteur allemand
Tchibo, couvrant le café produit en Tanzanie et consommé en Allemagne - voir le
sujet 13.04.03
Le développement des projets de carbone est à la
fois compliqué et prend beaucoup de temps tandis que des méthodologies crédibles
de surveillance de carbone dans les exploitations de café ne sont venues au
premier plan que récemment. Mais un certain nombre d'outils sont maintenant
disponibles et différentes initiatives sont mises en place, ou prévoient, des
projets-pilotes qui devraient faciliter l'extension des projets de carbone dans
la plupart des pays producteurs de café.
À condition que le renforcement des capacités et
l'appui législatif dans ces pays soient proches, on peut supposer que ce progrès
s'accélérera à partir de 2010.
* Les puits de carbone sont des systèmes naturels
ou fabriqués qui absorbent le dioxyde de carbone de l'atmosphère et les
stockent. Les arbres, les plantes et les océans, tous absorbent CO2 et, par
conséquent, sont des puits de carbone. Les opportunités d'empreinte carbone
émanent de la volonté de l'industrie dans les pays développés à réduire ou
compenser leurs émissions de carbone, soit le montant total des émissions GES
causées directement ou indirectement par une organisation ou par un
produit.