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  • 13.1-LE CHANGEMENT CLIMATIQUE ET L'INDUSTRIE DE CAFÉ-RÉSUMÉ

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  • Résumé

     
     
    Le changement climatique aura des conséquences sur les producteurs de café, en particulier les petits exploitants qui sont les moins bien équipés pour les affronter. Les domaines d'intervention comprennent (i) la modification des pratiques agricoles, (ii)la création de l'organisation sociale et (iii) la participation à de nouvelles stratégies de commercialisation.   
     
    Les domaines d'appui stratégiques comprennent (i) l'amélioration de l'accès à l'information, (ii) l'établissement de mécanismes financiers et (iii) l'investissement dans le capital social.  
     
    En ce qui concerne les opportunités du marché du carbone, la voie pour accéder aux crédits carbone doit être précédée par l'établissement de lignes de base des émissions de gaz à effet de serre et la surveillance des taux de séquestration du carbone. Les méthodologies pour la surveillance, la comptabilisation et la Vérification des émissions des projets d'utilisation des terres sont en cours d'élaboration. 
     
    Le système du marché volontaire de carbone semble être l'option préférée pour les crédits provenant de la production de café parce que l'éligibilité des projets d'utilisation des terres ou d'atténuation agricole sont très limitées au sein des marchés obligatoires tels que le Mécanisme de Développement Propre (MDP). En plus, le processus de demande est trop coûteuse et complexe pour les petites et moyennes entreprises. 
      
    Le changement climatique et le café 
     
    Alors que le changement climatique n'est qu'un des nombreux facteurs qui peuvent influencer la production mondiale du café, l'Organisation Internationale du Café estime qu'il sera probablement l'un des plus importants, et que les petits exploitants (qui produisent la majeure partie du café du monde) constitueront le groupe le plus vulnérable.  En outre, il est important de noter que les initiatives actuelles visant à réduire l'ampleur du réchauffement de la planète sont essentiellement destinées à limiter le réchauffement ultérieur, non pas à le renverser rapidement!
     
    La complexité et l'incertitude font qu'il est difficile d'être précis, mais il est généralement admis que le changement climatique affectera à la fois les producteurs de l'arabica et du robusta. La hausse des températures devrait rendre certaines zones de production moins adaptées ou même totalement impropres à la culture du café, c.-à-d. que la production devrait se déplacer et des cultures de substitution devront donc être identifiées. L'incidence des ravageurs et des maladies augmentera alors que la qualité du café est susceptible d'en souffrir, et ces deux facteurs pourraient limiter la viabilité des producteurs actuels de café de haute qualité. Davantage de café exigera une culture  sous irrigation, augmentant ainsi la pression sur les ressources limitées en eau. Tout ce qui précède contribuera à augmenter le coût de la production, tandis que, dans l'avenir, moins de régions du monde conviendront à la production de café. Si c'est ainsi, alors la croissance déjà évidente de la concentration de production pourrait devenir encore plus prononcée, apportant ainsi un plus grand risque de haute volatilité . Par exemple, si un événement extrême réduisait sévèrement le rendement d'un des producteurs plus importants.
     
    La production de café contribue à l'émission des gaz à effet de serre (GES) (tout comme les autres maillons de la chaîne). L'industrie doit donc non seulement se concentrer  sur l'adaptation (aider les producteurs à faire face au changement climatique), mais également sur l'atténuation (réduire sa propre contribution aux émissions de GES). Il est important de différencier ces deux aspects, même s'ils sont étroitement liés. En conclusion, l'industrie doit aussi se préparer à exploiter les avantages qui jailliront de la production de crédits de carbone compensatoires  négociables. 
     
    Les stratégies d'adaptation à court terme comprennent de meilleures pratiques agricoles et le traitement plus efficace à la ferme. La plupart des agriculteurs progressistes appliquent ces pratiques tout naturellement, mais les petits exploitants n'ont pas toujours les ressources nécessaires et /  ou la formation pour agir ainsi. Les stratégies à plus long terme comprennent le renforcement des capacités, la cartographie des données climatiques, l'amélioration de la fertilité des sols, l'examen de différents modèles de production, le développement ou la plantation de variétés résistantes à la sécheresse et aux maladies. Et pour certains, à l'extrême, la diversification hors du café et / ou le déplacement vers des zones plus adaptées. 
     
    Les stratégies de l'atténuation à court terme comprennent le calcul  et la réduction de l'empreinte carbone sur la ferme et déterminer la faisabilité de créer des puits de carbone. La stratégie à plus long terme serait de réunir les producteurs, notamment les petits producteurs, avec les marchés de carbone pour exploiter les opportunités de l'empreinte carbone. *
     
    Priorités 
     
    Les petits exploitants produisent l'essentiel du café du monde et l'industrie du café ne peut pas se permettre une forte baisse de la production dans ce secteur. Cependant, la capacité des petits agriculteurs à faire face aux changements climatiques est limité. Non toutes les points de vue pour aller en avant concordent, mais trois domaines prioritaires sont indiqués:
     
    L'adaptation 
     
    1. Solutions techniques à court terme, destinées aux producteurs, pour adapter la production et la transformation du café en rapport avec la variabilité du climat actuel. 
     
    2. Des stratégies à long terme visant à améliorer les conditions-cadres pour l'adaptation aux risques climatiques futurs, et à renforcer les capacités nécessaires, y compris les mécanismes de financement.
     
    L'atténuation 
     
    3. Mesures, destinées à tous les participants à la chaîne de valeur, visant à réduire les GES et  à contribuer ainsi à la protection du climat et la production de crédits carbone. 
     
    Ceci est confirmé par une enquête dans la région méso-américaine qui s'est classée dans cinq domaines d'intervention possibles comme suit:
     
    • Plus important: (i) changements des pratiques agricoles et (ii) l'organisation sociale.
    • Important:  (iii) participation à de nouvelles stratégies de marketing.
    • Moins important: (iv) nouvelles activités économiques, et (v) nouvelles cultures commerciales.
     
    Les recommandations stratégiques incluent, en plus de reconnaître la valeur du capital humain, à savoir les connaissances agricoles collectives qui existent déjà dans le secteur des petits exploitants:
     
    • L'amélioration de l'accès à l'information, y compris des informations du marché, la technologie de l'agriculture, etc, et le développement de la capacité d'interpréter ces informations.
    • L'instauration de mécanismes financiers, incluant l'assurance climatique, l'accès au micro-crédit pour faciliter l'adaptation, c'est à dire biologique, cultures de substitution, de nouvelles variétés, l'ombrage, etc
    • L'investissement dans le capital social, c'est-à-dire la construction de structures qui permettent aux petits exploitants d'accéder aux ressources nécessaires pour s'adapter au changement climatique, l'accès à de nouveaux marchés et l'exploitation de la valeur sociale et environnementale de leurs activités agricoles.
     
    Malgré les progrès préparatoires considérables accomplis dans le développement des deux méthodologies et outils, il est évident que l'industrie dans son ensemble est encore au stade préliminaire de tentative pour transformer la stratégie en action généralisée.
     
    Credits Carbone 
     
    Les crédits-carbone agricoles,  c.-à-d. les crédits générés par des pratiques agricoles comme la production de café, ne sont pas éligibles au titre du marché du carbone obligatoire, y compris le Mécanisme de Développement Propre (MDP). Par conséquent, les crédits de carbone négociables ne comportent pas encore dans la production de café et jusqu'à ce jour un seul projet MDP (le Projet forestier de Copeagri au Costa Rica) énumère les producteurs de café parmi ses bénéficiaires indirects.** 
     
    Il y a plus de place pour des projets d'utilisation des terres dans les plus petits marchés de compensation volontaire du carbone - ce point est traité dans le sujet 13.04. Étant donné les complexités liées au MDP, le consensus général parmi les chercheurs semble être que le système de marchés volontaires du carbone présente la meilleure option pour les producteurs de café. Mais encore, en fin 2009 il n'y avait aucun signe évident d'aucune application à grande échelle dans le secteur du café. 
     
    Dans l'entre-temps, le groupe détaillant de l'industrie de plus en plus est à la recherche de moyens pour réduire l'empreinte carbone des produits (PCF de l'anglais Product Carbon Footprint ) à travers la chaîne d'approvisionnement y compris le café. La comptabilité du PCF dans le café est compliquée, coûteuse et complexe. En outre, 'il y a généralement toujours un manque de concordance dans la comptabilité et en faisant le rapport des PCF. Mais, pour le café un début encourageant a été réalisé grâce à une étude parrainée par l'important torréfacteur allemand Tchibo, couvrant le café produit en Tanzanie et consommé en Allemagne - voir le sujet 13.04.03
     
    Le développement des projets de carbone est à la fois compliqué et prend beaucoup de temps tandis que des méthodologies crédibles de surveillance de carbone dans les exploitations de café ne sont venues au premier plan que récemment. Mais un certain nombre d'outils sont maintenant disponibles et différentes initiatives sont mises en place, ou prévoient, des projets-pilotes qui devraient faciliter l'extension des projets de carbone dans la plupart des pays producteurs de café. 
     
    À condition que le renforcement des capacités et l'appui législatif dans ces pays soient proches, on peut supposer que ce progrès  s'accélérera à partir de 2010.
     
     
    * Les puits de carbone sont des systèmes naturels ou fabriqués qui absorbent le dioxyde de carbone de l'atmosphère et les stockent. Les arbres, les plantes et les océans, tous absorbent CO2 et, par conséquent, sont des puits de carbone. Les opportunités d'empreinte carbone émanent de la volonté de l'industrie dans les pays développés à réduire ou compenser leurs émissions de carbone, soit le montant total des émissions GES causées directement ou indirectement par une organisation ou par un produit.
     
    ** Visiter http://cdm.unfccc.int/Projects/index.html pour des informations sur toutes les catégories de projets MDP