Les conditions de
température et de précipitation sont les principaux moteurs en ce qui concerne
le rendement, c.-à-d. la production. À cet égard, les deux principales espèces
de café, l'arabica et le robusta qui ensemble représentent environ 99% de la
production mondiale, ont des exigences différentes.
Le café Arabica s'est
développé dans l'environnement frais et ombragé de la forêt montagneuse
d'Ethiopie où il y a une seule saison sèche qui coïncide avec les mois
«d'hiver». La température optimale se situe entre 15° et 24° C. Des températures
beaucoup plus élevées tendent à avoir un impact négatif sur le rendement et la
qualité. Les besoins de pluie sont entre 1 500 et 2 000 mm par an bien qu'il
soit possible aujourd'hui grâce à l'irrigation de cultiver l'arabica dans de
zones où les précipitations sont insuffisantes.
Le café robusta
s'est développé à travers la plaine de l'Afrique équatoriale surtout dans
les forêts du bassin fluvial du Congo et tout autour le Croissant du Lac
Victoria en Ouganda. Ce caféier pousse mieux dans les zones où les
précipitations sont abondantes (près de 2 000 mm par an), et à des altitudes
allant du niveau de la mer à environ 800 mètres. Les précipitations doivent être
bien réparties pendant toute l'année car l'arbre robusta possède des racines
relativement peu profondes. La température optimale se situe entre 22 ° à 26 ° C
et le robusta supporte moins bien que l'arabica les températures très élevés ou
très basses.
Les possibles
effets du changement climatique sur la production caféière
Qualité. Au fur
et à mesure que la température monte, le café arrive à maturité plus rapidement
conduisant à une diminution de sa qualité intrinsèque. Cette conclusion est
appuyée par le fait que l'arabica cultivé dans les plaines de zones tropicales
connaissant pour la plupart des températures élevées montre une «qualité»
inférieure à la tasse par rapport au café cultivé à des altitudes plus élevées.
Les grains sont plus doux et peuvent être plus gros mais il manque «cette
qualité». À ce sujet, le Dr Peter Baker, de CAB International (www.cabi.org)
estime que si à la fin de ce siècle, les températures s'élèvent de 3° C
(certains experts pensent qu'une augmentation jusqu'à 5 ° C est possible),
l'altitude la plus base pour cultiver un arabica de bonne qualité peut augmenter
d'environ 15 pieds par an, ce qui signifie qu'au fil du temps des zones qui
actuellement sont trop froides pour le café pourraient devenir appropriées. Mais
il n'est pas certain que des terrains à une altitude plus élevée soient
disponibles (ou soient préparés) pour la production de café.*
Rendement. Si
des événements climatiques tels que des températures trop élevées se produisent
pendant les périodes sensibles de la vie de la récolte, par exemple pendant la
floraison ou le développement des fruits, alors les rendements seront
défavorablement touchés, surtout si ces hausses de températures s'accompagnent
d'une réduction des précipitations.
Parasites et
maladies : Les températures plus élevées favoriseront non seulement la
prolifération de certains parasites et maladies, mais entraînera également leur
développement dans des régions où ils n'étaient normalement présentes. La
recherche indique que l'incidence des parasites et des maladies tels que le
foreur de la cerise de café, le mineur de feuille, les nématodes, la rouille du
café et d'autres vont augmenter en même temps que les températures. La
nécessité d'un plus grand contrôle rendra la production de café à la fois plus
complexe et plus coûteuse.
L'irrigation :
Les zones qui actuellement ne nécessitant pas d'irrigation pourront en avoir
besoin à l'avenir en raison de l'évaporation constante qui réduira la teneur en
humidité du sol. D'autres secteurs peuvent connaître des augmentations et une
répartition instable des précipitations avec divergences climatologiques.
Impact potentiel
sur la production mondiale du café
Comme déjà mentionné, la complexité et
l'incertitude sur ce sujet font qu'il soit difficile d'être précis. Néanmoins,
il existe une réelle possibilité que de moins en moins de régions du monde
conviendront à la culture du café. Si c'est le cas, alors la croissance déjà
évidente de la concentration de la production pourrait devenir encore plus
prononcée. Cela pourrait rendre la production mondiale plus sujette à des
fluctuations sérieuses, en tant que toute perturbation sévère dans la production
de l'un des principaux producteurs entraînerait une réduction massive de la
production mondiale. Deuxièmement, le coût de la production augmentera plus que
s'il n'y avait pas de réchauffement climatique et, troisièmement, la
compétition avec d'autres types de récoltes pour des terres arables disponibles
peut augmenter.
Dans le cadre de
cette bref examen le point le plus important est sans doute que les initiatives
actuelles pour réduire l'extension du réchauffement mondial visent
essentiellement à limiter le réchauffement et non à l'inverser rapidement. Cela
signifie que tous dans la chaîne de valeur du café, chacun doit s'adapter en
prenant des mesures pour minimiser et faire face aux effets apparemment
inévitables.