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  • 13.2.4-LE CHANGEMENT CLIMATIQUE ET L'INDUSTRIE DE CAFÉ-LE SECTEUR DU CAFÉ ET LE CHANGEMENT CLIMATIQUE

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  • Le secteur du café et le changement climatique

     
     
    Les conditions de température et de précipitation sont les principaux moteurs en ce qui concerne le rendement, c.-à-d. la production. À cet égard, les deux principales espèces de café, l'arabica et le robusta qui ensemble représentent environ 99% de la production mondiale, ont des exigences différentes. 
     
    Le café Arabica s'est développé dans l'environnement frais et ombragé de la forêt montagneuse d'Ethiopie où il y a une seule saison sèche qui coïncide avec les mois «d'hiver». La température optimale se situe entre 15° et 24° C. Des températures beaucoup plus élevées tendent à avoir un impact négatif sur le rendement et la qualité. Les besoins de pluie sont entre 1 500 et 2 000 mm par an bien qu'il soit possible aujourd'hui grâce à  l'irrigation de cultiver l'arabica dans de zones où les précipitations sont insuffisantes.
     
    Le café robusta  s'est développé à travers la plaine de l'Afrique équatoriale surtout dans les forêts du bassin fluvial du Congo et tout autour le Croissant du Lac Victoria en Ouganda. Ce caféier pousse mieux dans les zones où les précipitations sont abondantes (près de 2 000 mm par an), et à des altitudes allant du niveau de la mer à environ 800 mètres. Les précipitations doivent être bien réparties pendant toute l'année car l'arbre robusta possède des racines relativement peu profondes. La température optimale se situe entre 22 ° à 26 ° C et le robusta supporte moins bien que l'arabica les températures très élevés ou très basses.
     
    Les possibles effets du changement climatique sur la production caféière 
     
    Qualité. Au fur et à mesure que la température monte, le café arrive à maturité plus rapidement conduisant à une diminution de sa qualité intrinsèque. Cette conclusion est appuyée par le fait que l'arabica cultivé dans les plaines de zones tropicales connaissant pour la plupart des températures élevées  montre une «qualité» inférieure à la tasse par rapport au café cultivé à des altitudes plus élevées. Les grains sont plus doux et peuvent être plus gros mais il manque «cette qualité». À ce sujet, le Dr Peter Baker, de CAB International (www.cabi.org) estime que si à la fin de ce siècle, les températures s'élèvent de 3° C (certains experts pensent  qu'une augmentation jusqu'à 5 ° C est possible), l'altitude la plus base pour cultiver un arabica de bonne qualité peut augmenter d'environ 15 pieds par an, ce qui signifie qu'au fil du temps des zones qui actuellement sont trop froides pour le café pourraient devenir appropriées. Mais il n'est pas certain que des terrains à une altitude plus élevée soient disponibles (ou soient préparés) pour la production de café.*
     
    Rendement. Si des événements climatiques tels que des températures trop élevées se produisent pendant les périodes sensibles de la vie de la récolte, par exemple pendant la floraison ou le développement des fruits, alors les rendements seront défavorablement touchés, surtout si ces hausses de températures s'accompagnent d'une réduction des précipitations.
     
    Parasites et maladies : Les températures plus élevées favoriseront non seulement la prolifération de certains parasites et maladies, mais entraînera également leur  développement dans des régions où ils n'étaient normalement présentes. La recherche indique que l'incidence des parasites et des maladies tels que le foreur de la cerise de café, le mineur de feuille, les nématodes, la rouille du café et d'autres vont augmenter  en même temps que les températures.  La nécessité d'un plus grand contrôle rendra la production de café à la fois plus complexe et plus coûteuse.
     
    L'irrigation : Les zones qui actuellement ne nécessitant pas d'irrigation pourront en avoir besoin à l'avenir en raison de l'évaporation constante qui réduira la teneur en humidité du sol. D'autres secteurs peuvent connaître des augmentations et une répartition instable des précipitations avec divergences climatologiques.
     
    Impact potentiel sur la production mondiale du café 
     
    Comme déjà mentionné, la complexité et l'incertitude sur ce sujet font qu'il soit difficile d'être précis. Néanmoins, il existe une réelle possibilité que de moins en moins de régions du monde conviendront à la culture du café. Si c'est le cas, alors la croissance déjà évidente de la concentration de la production pourrait devenir encore plus prononcée. Cela pourrait rendre la production mondiale plus sujette à des fluctuations sérieuses, en tant que toute perturbation sévère dans la production de l'un des principaux producteurs entraînerait une réduction massive de la production mondiale. Deuxièmement, le coût de la production augmentera plus que s'il n'y avait pas  de réchauffement climatique et, troisièmement, la compétition avec d'autres types de récoltes pour des terres arables disponibles peut augmenter.
     
    Dans le cadre de cette bref examen le point le plus important est sans doute que les initiatives actuelles pour réduire l'extension du réchauffement mondial visent essentiellement à limiter le réchauffement et non à l'inverser rapidement. Cela signifie que tous dans la chaîne de valeur du café, chacun doit s'adapter en prenant des mesures pour minimiser et faire face aux effets apparemment inévitables. 
     
     
    Pour la présentation originale par Dr. Peter Baker et Dr. Jeremy Haggar intitulé "Réchauffement climatique: l'impact sur le café mondial" aller à http://www.catie.ac.cr/BancoMedios/Documentos%20PDF/cafe_gw_baker_09.pdf