Positions longues
et courtes "Longue" implique des stocks invendus, ou des positions
achetées non couvertes par une vente correspondante. Le total des quantités non
compensées correspond à la "position longue". La position courte est la position
inverse, en d'autres termes les ventes sont supérieures aux stocks et des ventes
à régler ne sont pas couvertes par des achats correspondants - la "position
courte". Lorsque ceux qui détiennent des positions importantes vendent leurs
positions "longues" le marché dit qu'ils les "liquident". À l'inverse, lorsque
les opérateurs rachètent des "positions courtes" alors les rapports parlent de
"rachat de découvert".
Le negoce de café
physique et negoce de café sur papier ou fictif. Il existe deux types
de négoce de café très différents. Les exportateurs, les importateurs et les
torréfacteurs négocient du café vert : on parle de négoce de café "physique".
D'autres interviennent uniquement sur les marchés à terme et sont connus sous le
nom d'opérateurs sur café "fictif" car habituellement ils ne livrent ni ne
reçoivent de café physique. Les opérateurs sur café fictif comprennent les
courtiers qui agissent au nom d'opérateurs sur café physique désireux de
compenser le risque (opération de couverture), des teneurs de marché, des
spéculateurs (day traders), et des spéculateurs institutionnels (fonds).
Les opérateurs sur café physique remplissent un rôle
d'approvisionnement. Le négoce sur café physique exige une connaissance
approfondie du produit et un accès régulier aux pays producteurs. En revanche,
les opérateurs sur les marchés à terme opèrent sur les risques contre lesquels
souhaitent se prémunir les opérateurs sur le marché d'effectif.
La plupart des contrats à
terme sont compensés par des transactions inverses correspondantes par le biais
des chambres de compensation qui se chargent de la liquidation des contrats sur
le marché à terme et débitent ou créditent les opérateurs de pertes ou de gains.
Il est donc très rare que les opérateurs sur les marchés à terme interviennent
sur du café physique: ils se spécialisent plutôt dans l'analyse du marché et la
détection des tendances. Conjugué à une force financière considérable, ceci leur
permet d'assumer les risques que souhaitent compenser les opérateurs sur café
physique en assurant la liquidité du marché.
Les exportateurs combinent quant à eux capacités
analytiques et connaissance du produit. À l'instar de leurs clients ils peuvent
attribuer une valeur au café physique (la qualité!), et ils savent quelle
qualité convient à quel acheteur. La plupart des opérateurs à terme ne s'y
connaissent pas trop en "qualité", et ils n'en ont pas besoin de s'y
connaître.
Lorsque les opérateurs sur café physique souhaitent se prémunir contre
les baissent futures des prix des stocks invendus, ils vendent à terme, et les
opérateurs sur café fictif (sur
papier) achètent ces contrats à terme. Lorsque le moment de la livraison
approche, l'opérateur sur café physique souhaite racheter ces contrats et
l'opérateur sur café fictif les vend alors. Parce que la chambre de compensation
se trouve toujours entre l'acheteur et le vendeur (et traite uniquement avec les
parties agréées) l'identité de l'un ou de l'autre n'a aucune importance. Le
système fonctionne car un contrat à terme représente une quantité standard d'un
café de qualité courante, livrable pendant un mois donné (position de bourse) et
les positions de bourse jumelées longues et courtes s'annulent automatiquement,
ne laissant que le règlement du prix.
Offres d'origine et
du marché secondaire. Le café vendu directement d'origine (en
provenance de pays producteurs) est dit d'offre
d'origine - il n'y a pas eu de détenteur intermédiaire. Si l'acheteur
étranger offre ensuite à la vente le même café, il apparaîtra sur le marché sous
le nom de café du marché secondaire. Mais les opérateurs internationaux offrent
aussi certains cafés à la vente indépendamment d'origine : ce faisant, ils
prennent des positions "courtes" en escomptant acheter ultérieurement en
dégageant un bénéfice. Pour parvenir à effectuer ces ventes ils peuvent en fait
concurrencer l'origine en offrant des prix plus bas. Les rapports relatifs au
marché parlent alors d'offres du marché
secondaire. Les opérateurs peuvent acheter et vendre des contrats à de
nombreuses reprises, ce qui fait qu'un lot expédié peut passer entre un certain
nombre de mains avant de parvenir jusqu'à l'utilisateur final : un torréfacteur.
Ces contrats liés sont connus sous le nom de contrats enfilés (string contracts).
Volume des
opérations sur café physique par rapport aux opérations à terme et du marché
secondaire. Le volume des opérations sur café physique est limité en
fonction de la quantité de café disponible, mais ce type de contrainte n'existe
pas sur le marché à terme ou pour le café du marché secondaire. L'énorme volume
d'opérations sur les marchés à terme contribue dans une grande mesure à
l'instabilité des prix sur le marché physique (effectif). Les opérations à terme
peuvent entraîner de brusques variations des prix, parfois sans aucune raison
apparente. En outre, le volume des échanges pour certains cafés dépasse
régulièrement la production réelle car nombre de contrats du marché secondaire
ou contrats enfilés sont soit compensés
(liquidés entre soi), soit exécutés par la réception et le transfert répétés
d'un jeu unique de documents d'expédition. Les pays producteurs ne sont donc
qu'un élément intervenant dans les transactions et les variations de prix
quotidiennes.
Le
différentiel est la différence, en plus ou en moins, entre le cours
d'une position de bourse donnée sur les marchés à terme de New York (ICE,
auparavant le NYBO, transactions sur Arabicas) ou de Londres (LIFFE,
transactions sur Robustas), et un café effectif (vert) donné.
En résumé, le différentiel tient compte (i) des
différences entre la qualité de ce café et la qualité courante sur laquelle
repose le marché à terme, (ii) de la disponibilité physique de ce café (abondant
ou limité), et (iii) des modalités auxquelles il est offert à la vente. En
combinant le cours ex-dock (à quai port convenu) à terme New York ou Londres et
le différentiel, on obtient habituellement le prix FOB (franco bord) pour le
café vert en question. Ceci permet au marché de simplement coter, par exemple,
"Qualité X d'origine Y pour embarquement octobre à New York décembre plus 5"
(en cents de dollar la livre). Les opérateurs et les importateurs connaissent le
coût de transport (fret maritime etc.) du café de chaque origine vers l'Europe,
les États-Unis, le Japon ou ailleurs, et peuvent ainsi aisément recalculer le
"plus 5" pour obtenir un prix débarqué à destination finale.
Prix à fixer -
PTBF (price to be fixed). Les parties peuvent convenir de vendre du
café physique avec un différentiel (en plus ou en moins) par rapport au prix, à
un moment encore indéterminé dans l'avenir, pour un mois de livraison spécifique
sur le marché à terme, par exemple "New York décembre plus 5" (cents la livre)
ou "LIFFE juillet moins 25" (dollars la tonne). Le contrat précisera quand et
par qui le prix final sera "fixé" : s'il s'agit du vendeur alors on dira "prix à
fixer par le vendeur" (seller's call), s'il s'agit de l'acheteur alors on dira
"prix à fixer par l'acheteur" (buyer's call). Voir 09, Opérations de couverture
et autres.
Mis à jour 12/2007