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  • 10.1.2-LE RISQUE ET LE LIEN AVEC LE CRÉDIT COMMERCIAL-ASPECTS COMMERCIAUX IMPORTANTS ET TERMINOLOGIE

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  • Aspects commerciaux importants et terminologie

     
     

    Positions longues et courtes  "Longue" implique des stocks invendus, ou des positions achetées non couvertes par une vente correspondante. Le total des quantités non compensées correspond à la "position longue". La position courte est la position inverse, en d'autres termes les ventes sont supérieures aux stocks et des ventes à régler ne sont pas couvertes par des achats correspondants - la "position courte". Lorsque ceux qui détiennent des positions importantes vendent leurs positions "longues" le marché dit qu'ils les "liquident". À l'inverse, lorsque les opérateurs rachètent des "positions courtes" alors les rapports parlent de "rachat de découvert".

    Le negoce de café physique et negoce de café sur papier ou fictif. Il existe deux types de négoce de café très différents. Les exportateurs, les importateurs et les torréfacteurs négocient du café vert : on parle de négoce de café "physique". D'autres interviennent uniquement sur les marchés à terme et sont connus sous le nom d'opérateurs sur café "fictif" car habituellement ils ne livrent ni ne reçoivent de café physique. Les opérateurs sur café fictif comprennent les courtiers qui agissent au nom d'opérateurs sur café physique désireux de compenser le risque (opération de couverture), des teneurs de marché, des spéculateurs (day traders), et des spéculateurs institutionnels (fonds).

    Les opérateurs sur café physique remplissent un rôle d'approvisionnement. Le négoce sur café physique exige une connaissance approfondie du produit et un accès régulier aux pays producteurs. En revanche, les opérateurs sur les marchés à terme opèrent sur les risques contre lesquels souhaitent se prémunir les opérateurs sur le marché d'effectif.

    La plupart des contrats à terme sont compensés par des transactions inverses correspondantes par le biais des chambres de compensation qui se chargent de la liquidation des contrats sur le marché à terme et débitent ou créditent les opérateurs de pertes ou de gains. Il est donc très rare que les opérateurs sur les marchés à terme interviennent sur du café physique:  ils se spécialisent plutôt dans l'analyse du marché et la détection des tendances. Conjugué à une force financière considérable, ceci leur permet d'assumer les risques que souhaitent compenser les opérateurs sur café physique en assurant la liquidité du marché.

    Les exportateurs combinent quant à eux capacités analytiques et connaissance du produit. À l'instar de leurs clients ils peuvent attribuer une valeur au café physique (la qualité!), et ils savent quelle qualité convient à quel acheteur. La plupart des opérateurs à terme ne s'y connaissent pas trop en "qualité", et ils n'en ont pas besoin de s'y connaître.

    Lorsque les opérateurs sur café physique souhaitent se prémunir contre les baissent futures des prix des stocks invendus, ils vendent à terme, et les opérateurs sur café fictif (sur papier) achètent ces contrats à terme. Lorsque le moment de la livraison approche, l'opérateur sur café physique souhaite racheter ces contrats et l'opérateur sur café fictif les vend alors. Parce que la chambre de compensation se trouve toujours entre l'acheteur et le vendeur (et traite uniquement avec les parties agréées) l'identité de l'un ou de l'autre n'a aucune importance. Le système fonctionne car un contrat à terme représente une quantité standard d'un café de qualité courante, livrable pendant un mois donné (position de bourse) et les positions de bourse jumelées longues et courtes s'annulent automatiquement, ne laissant que le règlement du prix.

    Offres d'origine et du marché secondaire. Le café vendu directement d'origine (en provenance de pays producteurs) est dit d'offre d'origine - il n'y a pas eu de détenteur intermédiaire. Si l'acheteur étranger offre ensuite à la vente le même café, il apparaîtra sur le marché sous le nom de café du marché secondaire. Mais les opérateurs internationaux offrent aussi certains cafés à la vente indépendamment d'origine : ce faisant, ils prennent des positions "courtes" en escomptant acheter ultérieurement en dégageant un bénéfice. Pour parvenir à effectuer ces ventes ils peuvent en fait concurrencer l'origine en offrant des prix plus bas. Les rapports relatifs au marché parlent alors d'offres du marché secondaire. Les opérateurs peuvent acheter et vendre des contrats à de nombreuses reprises, ce qui fait qu'un lot expédié peut passer entre un certain nombre de mains avant de parvenir jusqu'à l'utilisateur final : un torréfacteur. Ces contrats liés sont connus sous le nom de contrats enfilés (string contracts).

    Volume des opérations sur café physique par rapport aux opérations à terme et du marché secondaire. Le volume des opérations sur café physique est limité en fonction de la quantité de café disponible, mais ce type de contrainte n'existe pas sur le marché à terme ou pour le café du marché secondaire. L'énorme volume d'opérations sur les marchés à terme contribue dans une grande mesure à l'instabilité des prix sur le marché physique (effectif). Les opérations à terme peuvent entraîner de brusques variations des prix, parfois sans aucune raison apparente. En outre, le volume des échanges pour certains cafés dépasse régulièrement la production réelle car nombre de contrats du marché secondaire ou contrats enfilés sont soit compensés (liquidés entre soi), soit exécutés par la réception et le transfert répétés d'un jeu unique de documents d'expédition. Les pays producteurs ne sont donc qu'un élément intervenant dans les transactions et les variations de prix quotidiennes.

    Le différentiel est la différence, en plus ou en moins, entre le cours d'une position de bourse donnée sur les marchés à terme de New York (ICE, auparavant le NYBO, transactions sur Arabicas) ou de Londres (LIFFE, transactions sur Robustas), et un café effectif (vert) donné.

    En résumé, le différentiel tient compte (i) des différences entre la qualité de ce café et la qualité courante sur laquelle repose le marché à terme, (ii) de la disponibilité physique de ce café (abondant ou limité), et (iii) des modalités auxquelles il est offert à la vente. En combinant le cours ex-dock (à quai port convenu) à terme New York ou Londres et le différentiel, on obtient habituellement le prix FOB (franco bord) pour le café vert en question. Ceci permet au marché de simplement coter, par exemple, "Qualité X d'origine Y pour embarquement octobre à  New York décembre plus 5" (en cents de dollar la livre). Les opérateurs et les importateurs connaissent le coût de transport (fret maritime etc.) du café de chaque origine vers l'Europe, les États-Unis, le Japon ou ailleurs, et peuvent ainsi aisément recalculer le "plus 5" pour obtenir un prix débarqué à destination finale.

    Prix à fixer - PTBF (price to be fixed). Les parties peuvent convenir de vendre du café physique avec un différentiel (en plus ou en moins) par rapport au prix, à un moment encore indéterminé dans l'avenir, pour un mois de livraison spécifique sur le marché à terme, par exemple "New York décembre plus 5" (cents la livre) ou "LIFFE juillet moins 25" (dollars la tonne). Le contrat précisera quand et par qui le prix final sera "fixé" : s'il s'agit du vendeur alors on dira "prix à fixer par le vendeur" (seller's call), s'il s'agit de l'acheteur alors on dira "prix à fixer par l'acheteur" (buyer's call). Voir 09, Opérations de couverture et autres.

    Mis à jour 12/2007