Le lien entre le risque et le crédit commercial aux
petits exploitants agricoles est pour ainsi dire le même que pour les
producteurs et exportateurs commerciaux. Les principes de risque sont en
substance les mêmes, en dépit de quelques différences dans le détail.
- Exécution : la récolte sera-t-elle livrée
comme convenu?
- Prix : la
valeur couvrira-t-elle l'encours du crédit?
- Valeur :
la qualité sera-t-elle acceptable et vendable?
- Garanties : des nantissements (collateral)
peuvent-elles être fournies, et dans l'affirmative, peuvent-elles être
réalisées?
Bien évidemment, pour une banque commerciale moyenne
il est difficile, voire impossible, d'évaluer le risque de non-exécution, et
moins encore la qualité et la valeur potentielles, sur une base individuelle
pour des milliers de petits exploitants.
Fournir des nantissements (collateral) peut s'avérer
difficile pour les petits exploitants.
Il est presque toujours
impossible de fournir des terres en nantissement. Bien que pour la plupart
des petits exploitants ces terres soient parfois leur seul actif visible, dans
de nombreux pays ces terres sont détenues au travers de structures de propriété
traditionnelles qui rendent impossible la réalisation du nantissement (la vente
pour rembourser une dette). Même lorsque des terres agricoles rurales sont
détenues en vertu d'un titre constitutif de propriété, les pressions communales
et politiques peuvent rendre leur vente impossible. De ce fait les terres
appartenant aux petits exploitants ne constituent pas souvent, voire rarement un
nantissement adéquat.
Les récoltes sur pied
ne sont pas non plus indiquées comme nantissement tant qu'elles n'ont pas
été entreposées contre des récépissés d'entrepôt. En d'autres termes, le crédit
sera accordé uniquement une fois la récolte entreposée. Il s'agit là de
l'arrangement le plus adapté pour les récoltes qui dans d'autres circonstances
pourraient devoir être vendues rapidement pour mobiliser des liquidités en
période de surabondance saisonnière de l'offre et donc de prix bas, mais cela
n'est pas nécessairement bon pour le café.
Le meilleur moment pour commercialiser le café est
lorsqu'il est encore frais (nouvelle récolte). Un stockage prolongé, (au-delà de
la saison de commercialisation habituelle), ou sa conservation à des fins de
spéculation ne peuvent pas vraiment être recommandés.
Les circuits de crédit
les plus probables pour les petits exploitants sont donc les coopératives
correctement gérées ou d'autres types d'organisations de cultivateurs dotées de
la masse critique requise et qui sont en mesure de garantir et de discipliner
leurs membres. Le crédit à ces organisations repose alors dans une grande mesure
sur les mêmes principes que ceux évoqués plus tôt dans le présent section.
Cependant, la recherche d'autres options de crédit a
produit des initiatives intéressantes dont deux sont mentionnées ici à titre
d'exemple. Les deux mettent l'accent sur les questions de développement et de
durabilité.
1. FAST :
L'Alliance financière pour le commerce durable (Financial Alliance for
Sustainable Trade). Lancé en 2007, FAST en tant qu'organisation
internationale sans but lucratif est dédiée à ses membres. Ses adhérents actuels
(plus de 100 membres en mars 2009) représente les PMED (petits et moyens
exploitants durables), les prêteurs commerciaux et/ou socialement impliqués, les
ONG orientées sur le développement et d'autres acteurs du commerce durable
d'environ 26 pays. Les membres de FAST sont engagés à promovoir la production et
le commerce durables selon leurs aptitudes respectives. Les objectifs de FAST
visent à faciliter un effort de collaboration mondiale parmi ses membres et à
assurer une croissance continue dans le secteur du commerce de produits
durables. Ceci en augmentant le nombre de producteurs dans les pays en voie de
développement qui peuvent accèder à des finances commerciales abordables
et à des prêts à plus long terme pour l'infrastructure conçus en fonction de
leurs besoins, au moment où 'ils accèdent aux marchés durables et développent
leurs entreprises. L'une de leur activités principales actuellemnt est le
développement d'une Boite d'outils de
formations financière qui permettra aux producteurs la connaissance
approfondie de tous les aspects financièrs tout en réduisant le risque, et une
Facilité de garantie pour les prêts à caractère
social qui vise à aider les producteurs qui en ont le plus besoin et
qui sont malgré tout ralentis par des barrières liées aux systèmes bancaires
traditionnels.
En outre, FAST lancera en
avril 2009, sur son site web, un Marché en
ligne des PME durables qui permettra aux producteurs durables de
rechercher les préteurs qui offrent des finances dans leurs régions (des
recherches pourraient être menées par zone, le montant du prêt, le type de
certification de durabilité, les taux d'intérêt et les frais). FAST est
également en train de développer un Outil
d'évaluation d'impact permettant de mesurer des incidences sociales et
environnementales comme moyens pour la valeur ajoutée à l'investissement
alternatif social. Dans l'intérêt du soutien aux investissements pour financer
les producteurs durables, FAST collabore avec ses membres prêteurs dans le
développement de cet outil d'évaluation commune. L'outil générique fournira une
ligne de base commune pour mesurer l'impact social des services financiers aux
PMED et dans toute l'industrie du commerce durable. Allez au site www.fastinternational.org pour plus
d'informations.
2. SAGF -
Le Fonds de Garantie pour l'Agriculture Durable (Sustainable Agriculture
Guarantee Fund connu également comme Agri Fund). Veuillez lire le
sujet suivant.
Mis à jour 03/2009