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  • 10.2.1-LE RISQUE ET LE LIEN AVEC LE CRÉDIT COMMERCIAL-ÉVITER LA MULTIPLICATION DES OPÉRATIONS

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  • Éviter la multiplication des opérations

     
     
    L'on associe souvent la gestion du risque à la protection contre les fluctuations des prix mais il existe de nombreux différents types de risques et de gestion du risque. Moyennant finance, exportateurs et opérateurs peuvent acheter une protection contre de nombreuses formes de risque. Mais il existe d'autres risques inhérents au négoce du café qu'ils sont les seuls à pouvoir "gérer".

    L'objectif stratégique à long terme de l'exportateur sérieux est de réaliser des transactions régulières et rentables, et de tendre vers la régularité dans ses activités et non de courir les aubaines impliquant la spéculation qui peuvent compromettre les activités quotidiennes. Les relations solides entre vendeur et client reposent sur la confiance et la régularité des transactions. Des achats réguliers permettent de maintenir les liens avec le producteur; des offres et des ventes régulières contribuent à convaincre les clients de "nous confier" au moins une partie de leurs achats.

    Les opérations purement spéculatives n'ont pas leur place dans cette stratégie mais nombreux sont les exportateurs qui ont involontairement eu du fil à retordre avec les marchés spéculatifs. Lorsque les prix sont bas, le risque potentiel de hausse soudaine est souvent élevé. À l'inverse, lorsque les prix sont très élevés alors le risque potentiel de baisse soudaine augmente proportionnellement.

    Cette sagesse populaire est renforcée par un dicton ancien mais exact du commerce du café qui dit : "Lorsque les prix sont bas le café n'est jamais assez bon marché, et pourtant lorsque les prix sont en hausse alors le café n'est jamais trop cher." En d'autres termes, lorsque les prix élevés chutent les gens n'achètent pas, mais lorsque les prix bas augmentent les gens achètent à tort et à travers. Ceci entraîne souvent une exacerbation des mouvements dans un sens ou dans l'autre.

    Une position longue spéculative sur effectif dans l'attente d'une augmentation du prix doit être financée. Si l'on laisse cette spéculation absorber l'essentiel des fonds de roulement et que le marché s'inverse - qu'il chute - la concurrence sera en mesure d'acheter et d'offrir aux niveaux les plus bas. Le choix qui s'offre est alors le suivant : vendre à perte, ou perdre des transactions voire des acheteurs en ouvrant la porte à la concurrence. La seule consolation est peut-être qu'en théorie le potentiel de perte des détenteurs de positions longues est limité à leur investissement. Ceux qui détiennent des positions courtes peuvent être confrontés à un risque de prix illimité.

    Vendre des effectifs à découvert dans l'attente d'une chute des prix n'exige habituellement pas un investissement direct (par opposition à la vente sur les marchés à terme où les appels de marge doivent être satisfaits), mais le risque reste ouvert. En cas d'événement inhabituel, le marché risque d'enregistrer une hausse dépassant les attentes raisonnables. Dans les cas extrêmes il pourrait s'avérer impossible de couvrir les positions courtes à n'importe quel prix. Parce que les ventes non couvertes affichent des pertes conséquentes l'on se montre réticent à poursuivre les ventes, bien que les acheteurs soient à présent disposés à payer davantage. Ceci ouvre à nouveau la porte à la concurrence qui peut alors s'approprier transactions et clientèle. Pire encore, avec des prix de vente plus élevés davantage peut être demandé sur le marché local, ce qui coince le vendeur en position courte des deux côtés.

    Renversement de situation rapide? Un opérateur qui décide suffisamment tôt que le marché lui devient contraire peut rapidement couvrir ses positions courtes et prendre des positions longues. Ou bien, dans le cas inverse, il vend ses stocks en plus de prendre des positions courtes. Mais uniquement s'il est en mesure de financer ces transactions. S'il se trouve dans l'impossibilité de le faire, si ses besoins financiers sont trop importants du fait d'une multiplication des achats, alors finie la rigolade ! - au moins pour cette saison.

    La protection du prix, les opérations de couverture, les options et autres instruments de gestion du risque sont peut-être disponibles en théorie, mais ces instruments ne sauveront pas nécessairement ceux dont les charges financières dépassent leurs moyens et qui ne gèrent pas leur risque physique ou le risque lié à leur position.