L'on suppose souvent que le risque préoccupe
uniquement les vendeurs et les acheteurs, mais il existe d'autres parties à la
transaction. Ce sont généralement les banques ou d'autres institutions
financières qui financent directement ou indirectement la transaction, le risque
pour elles étant qu'après avoir avancé les fonds pour permettre une transaction
quelque chose tourne mal et qu'une partie des fonds, voire les fonds dans leur
totalité, ne puisse être récupérée.
Les transactions comptent donc presque toujours trois
mandants : vendeurs, acheteurs et financiers, dont les préoccupations en matière
de risque sont certes différentes mais liées. Le
crédit et la mitigation du risque sont donc irrémédiablement liés.
(Naturellement les assureurs ou souscripteurs sont également parties au risque
mais comme fournisseurs de services, pas comme mandants).
Rares sont les producteurs, opérateurs,
transformateurs, exportateurs, importateurs, les grandes maisons (trade houses) ou torréfacteurs capables de
financer les opérations sur leurs "fonds propres". S'ils étaient en mesure de le
faire alors les préoccupations des financiers en termes de risque
disparaîtraient, ils se contenteraient de dire que dans une entreprise
correctement gérée nombre de ces préoccupations sont prises en compte de manière
automatique. Mais si l'on souhaite emprunter des fonds de roulement alors toutes
les préoccupations du prêteur doivent être prises en compte comme il se doit,
faute de quoi les chances d'obtenir un financement sont minimes.
Plus simplement, le risque et la gestion du risque
peuvent être abordés sous deux angles :
- L'angle commercial
ou perspective des negocess'attache principalement de la gestion des
risques physique et de fluctuation des prix, bien que le risque de non-exécution
intervienne également.
- L'angle
financier ou l'angle du prêt
s'attache en revanche principalement au risque de non-exécution.
Tous les autres risques associés au commerce doivent
aussi être pris en considération, mais un prêteur peut insister sur de nombreux
types d'"assurance" contre le risque, qui vont de l'assurance contre la perte ou
le vol à la couverture des stocks invendus ou des positions ouvertes. Mais quid
du risque que l'emprunteur ne s'exécute pas - en d'autres termes que quelqu'un
devienne incapable de rembourser un prêt, présente sous un jour fallacieux la
position financière ou de bourse de l'entreprise, mente sur la qualité de la
marchandise financée, ou s'adonne à la spéculation pure sans en informer ceux
qui lui apportent leur soutien financier?
Que se passe-t-il si les fournisseurs ou l'acheteur
dont dépend l'emprunteur sont défaillants par rapport à cet emprunteur? Par
exemple, une évolution défavorable des prix pousse un fournisseur à renoncer sur
ses contrats de vente, ce qui fait que l'emprunteur est incapable de s'acquitter
de ses propres obligations, sans que ce soit de sa faute.
Chaque secteur d'activité a ses particularités et le
café ne déroge pas à la règle. Il convient d'ajouter à cela que la valeur d'un
café dépend non seulement de l'offre et de la demande mais aussi de la qualité. Quiconque n'est pas en mesure d'évaluer
et d'estimer un tant soit peu la qualité ne peut espérer réussir dans le
commerce du café d'effectif ou vert en tant qu'opérateur, transformateur,
exportateur, importateur ou torréfacteur.
Mais l'évaluation de cette qualité, et donc de la
valeur commerciale d'un café, n'est pas une science exacte. Les analyses du
marché ne sont pas non plus exactes, de nombreuses fluctuations des prix rendant
difficile toute anticipation ou explication. Ces incertitudes compliquent
l'obtention d'un financement sous forme de prêt car les banques n'aiment pas
l'incertitude sous quelque forme que ce soit.
Les risques liés au prêt de fonds destinés à
l'investissement dans des actifs physiques visibles (des terrains et des
bâtiments par exemple) sont très différents des risques liés au prêt de fonds
destinés à financer le commerce de café. Le financement du commerce des produits
de base est une activité très spécialisée, généralement assurée non pas par les
banques de détail mais plutôt par des banques de financement des entreprises ou
de financement du commerce des produits de base.
Le terme "financement du commerce" se passe de
commentaire : ces banques financent le commerce et non la spéculation. Les candidats
emprunteurs devraient le comprendre dès le début. Ainsi, avant qu'une limite de
crédit ou qu'une ligne de crédit puisse être
accordée, les types de transactions devant
être financées doivent être acceptés, et ce pour éviter de devoir faire
approuver chaque transaction individuellement. Généralement, mais ce n'est pas
toujours le cas, l'emprunteur peut alors négocier librement dans les limites
convenues et il ne doit demander une autorisation supplémentaire que si, par
exemple, il souhaite relever sa ligne de crédit.
Le financement du commerce du café comporte
plusieurs risques, dont certains pourraient être appelés risques liés à la tendance, en ce sens que les
tendances changeantes dans le monde du café peuvent avoir une incidence négative
sur ceux qui empruntent pour financer leurs transactions commerciales. Les
différents types de transactions sur le café comportent également des risques liés à la transaction. (La présente
discussion se limite au financement du café qui a été récolté, en d'autres
termes "cueilli". Les critères de financement "sur l'arbuste" dépendent de
nombre des considérations décrites ci-dessous mais aussi de nombreuses autres
qui échappent à la portée du présent site Web.)