L'on confond souvent opérations de couverture et
spéculation. Dans les deux cas les opérateurs s'inquiètent des changements
imprévus de prix. Ils prennent leurs décisions d'achat et de vente en fonction
de l'évolution future escomptée du marché. Cependant, alors que les opérations
de couverture ont principalement pour but d'éviter ou de réduire le risque de
fluctuation des prix, la spéculation se fonde sur l'élément risque.
Par exemple, il serait
irrationnel de n'avoir qu'une couverture à la baisse si le marché est sûr
d'augmenter. Faute d'être absolument certain de l'évolution du marché à terme,
les opérations en couverture offrent un élément
de protection contre le risque de fluctuation des prix, alors que la spéculation
implique de prendre délibérément un risque lié aux fluctuations des prix, à la
hausse ou à la baisse, dans l'espoir d'obtenir un bénéfice.
Un des principes de la
spéculation implique la possibilité de gain pour l'investisseur qui accepte une
partie du risque transmis par l'opérateur en couverture. En d'autres termes,
l'opérateur en couverture abandonne une
possibilité moyennant un risque inférieur. Le spéculateur en revanche obtient
une possibilité en échange du risque qu'il accepte.
Les acheteurs et les vendeurs de café qui visent à
minimiser le risque de fluctuation des prix qu'ils encourent sur le marché
d'effectif adoptent des positions opposées, ou des risques opposés, sur le
marché à terme. Il existe à tout moment un certain nombre d'opérations de
couverture à la hausse et à la baisse. Cependant, il est peu probable que la
demande d'opérations de couverture contre les risques à l'achat équilibre
exactement la demande d'opérations de couverture contre les risques à la
vente.
L'excédent qui
découle des risques à l'achat et à la vente qui n'a pas été couvert par les
opérateurs en couverture habituels est absorbé par les spéculateurs. Pour
absorber les quantités considérables d'opérations à terme sur les bourses du
café, de nombreux spéculateurs disposés à acheter un ou deux lots sont
nécessaires. De même, d'importantes pressions à l'achat sont exercées lorsque
les opérateurs ou les torréfacteurs prennent une couverture pour couvrir leurs
besoins futurs. Les prix augmenteraient à moins que les spéculateurs soient
disposés à jouer le rôle de vendeurs.
Si les producteurs qui souhaitent se couvrir
pouvaient toujours trouver des contreparties qui souhaitent faire de même, les
spéculateurs ne seraient pas nécessaires. Cependant, il est peu probable que
cette situation se produise régulièrement, en partie car les périodes pendant
lesquelles les producteurs effectuent des opérations de couverture ne coïncident
normalement pas avec les périodes pendant lesquelles les consommateurs essaient
de se couvrir. Le spéculateur assure le lien entre ces deux différentes périodes
et ces deux intérêts différents.