Les opérateurs utilisent les mêmes techniques de
couverture de base que celles décrites précédemment dans le présent chapitre.
Ils vendent du café à découvert et achètent à terme pour compenser leur position
"courte". Ils achètent aussi du café en position longue et vendent à terme pour
compenser. Les opérateurs utilisent aussi les contrats PTBF pour garantir des
différentiels de couverture à la fois pour les achats d'effectif et pour les
ventes.
La couverture des transactions présente différentes
caractéristiques. Un bon opérateur saura comment jouer sur le caractère
saisonnier du café négocié. Bien évidemment, les différentiels à l'achat sont
généralement meilleurs lorsque le café acheté est acheté au milieu de la récolte
et disponible en abondance. À l'inverse, les différentiels à la vente sont
généralement meilleurs lorsque le type de café vendu est vendu entre deux
récoltes et donc n'est pas à ce moment là disponible en abondance.
Un bon opérateur saura aussi quel type de café est
survendu ou sous-vendu. Parfois les producteurs retiennent leurs ventes. C'est
habituellement un signe indiquant qu'avec le temps le différentiel pour ce type
de café deviendra plus intéressant. En revanche, parfois les opérateurs sont
trop prompts à vendre à découvert un certain type de café. Par la suite, le
rachat à découvert peut entraîner une augmentation du différentiel pour le café
en question jusqu'à atteindre une prime supérieure à l'écart habituel entre
l'effectif et le terme. Les maisons de négoce sont habituellement disposées à
proposer du café physique jusqu'à un an à l'avance à condition que le
différentiel leur convienne.
Pour être assurées de réaliser une vente à livraison
différée importante les maisons de négoce sont généralement prêtes à accorder un
rabais par rapport au prix en vigueur pour expédition rapide offert par les
exportateurs à condition qu'elles s'attendent à un approvisionnement normal en
café sur cette période. Les maisons de négoce ont un avantage sur les
exportateurs à savoir qu'elles peuvent offrir une palette de cafés d'origines
différentes pouvant être utilisés par l'industrie dans ses mélanges. Ceci leur
permet de se tourner vers une origine différente en cas de problèmes
d'approvisionnement. Cependant, la maison de négoce doit aussi gérer le risque
d'appels de marge, qui peut être grand pendant la durée de vie d'un contrat
d'approvisionnement à long terme. Les opérations d'achat et de revente contre
des ventes à livraison différée avec une utilisation efficace des opérations de
couverture peut parfois permettre aux maisons de négoce d'être plus compétitives
que l'origine sur les contrats à long terme.
Le secteur du café de spécialité aux États-Unis a
formulé de nouvelles exigences en matière de couverture car nombre de
transactions représentent moins qu'un lot à terme. Pour couvrir efficacement une
position dans le secteur du café de spécialité il est par conséquent nécessaire
d'effectuer des opérations sur panier : l'opérateur doit regrouper les achats et
les ventes, les mettre dans un même "panier" en quelque sorte, et ajuster les
couvertures à partir de la position globale, par exemple en levant une
couverture lorsque l'équivalent de deux-tiers d'une caisse d'effectif a été
vendu. L'introduction par le New York Board of Trade en mars 2002 d'un contrat
Mini "C" New York de seulement 12 500 livres (le Mini "C"), avait en partie pour
but de faire face à cette situation et de faciliter l'accès aux opérations de
couverture pour les plus petits planteurs et exportateurs, ainsi que pour les
plus petits opérateurs à l'importation et du côté de la consommation. Voir
08.04.05.
Les exemples donnés sur la couverture à la baisse et
la couverture à la hausse ont été déjà abordés (09.01.04, 09.01.05). L'art de
les utiliser de manière efficace est le fruit d'un entraînement de tous les
jours. Il ne s'agit pas simplement pour l'opérateur d'être doué avec les
chiffres - il doit aussi être doué avec le café qu'ils négocient.