Les exportateurs qui concluent des contrats PTBF
doivent considérer le contrat comme le fait l'utilisateur final. L'exportateur
d'Arabica s'engage à livrer un type de café à un différentiel par rapport au
contrat "C", ou du Robusta à un différentiel par rapport au prix LIFFE de
Londres. Il existe un engagement de livrer et un différentiel mais, tant que le
contrat n'est pas conclu, il n'existe pas d'engagement de prix ferme. En théorie
cela signifie qu'à ce stade aucune des parties ne se préoccupe outre mesure du
"prix du café" à proprement parler : leur risque est à présent lié à l'évolution
des différentiels. Mais la situation est très différente pour les producteurs
pour lesquels le prix du café revêt la plus haute importance.
Le volume des opérations sur le marché à terme est
énorme, dépassant de loin les transactions sur café physique. Le volume
quotidien moyen des opérations sur le marché à terme de New York se situe entre
1,5 millions et 2 millions de sacs et l'on estime que certains jours près de
trois quarts du volume total des opérations consistent en des opérations
spéculatives de courtiers, maisons de négoce, fonds de marchandises et
spéculateurs.
(Il convient cependant de noter que les spéculateurs
répondent généralement aux opérateurs en couverture et prennent des positions en
partie en fonction des tendances perçues dans le domaine des activités de
couverture. Ils modifient le prix pour ajuster leurs positions pendant la
journée, mais d'une manière générale cela peut bénéficier à l'opérateur en
couverture qui a placé un ordre et cherche une fourchette de prix donnée.
L'évolution du prix au cours de la journée peut accroître les chances d'obtenir
un bon prix d'exécution à la corbeille pendant une séance de cotation.)
Les fluctuations de prix peuvent être la traduction
de facteurs n'ayant rien à voir avec le marché d'effectif à l'origine, notamment
pour les petits pays producteurs. Il serait peu judicieux pour les producteurs
de se satisfaire d'un engagement PTBF pour leurs récoltes car en fait cela
signifie qu'ils s'engagent à livrer leur café à quelque prix que ce soit.
Les producteurs qui
vendent sur une base PTBF sans aucune forme de protection du prix doivent
accepter de perdre toute maîtrise du prix de vente final
Lorsque les prix
sont quoi qu'il advienne très bas, comme en 2001/02, cela ne pose
vraisemblablement pas problème, mais lorsque les prix sont élevés et ont donc la
possibilité de chuter considérablement, comme à la fin des années 90, alors des
ventes ouvertes entièrement PTBF font courir au producteur des risques
considérables.
L'avantage apparent des contrats PTBF pour le
producteur est que, par exemple, en vendant une partie de sa récolte attendue en
juillet pour expédition en octobre à un prix à fixer contre la position décembre
de New York, il a gagné le temps de fixer le prix comme bon lui semble jusqu'au
premier jour d'avis (le jour où l'avis de livraison escomptée contre la position
spot à terme peut être donné) fin novembre. Il vendra PTBF si au moment de la
vente il estime que le prix actuel est trop bas et s'il escompte pouvoir tirer
parti de prix plus élevés plus tard dans l'année. Les ventes PTBF à fixer par le
vendeur n'exigent pas du producteur qu'il intervienne sur le marché à terme en
tant que tel et qu'aucun appel de marge ou aucune commission ne seront
demandés.
Le producteur devrait prendre conscience du fait
qu'il n'a garantit que le différentiel du marché et qu'il est toujours exposé à
un risque lié au prix de vente tant que des instructions n'ont pas été données
de le fixer. Il a toutefois trouvé un preneur pour son café physique, ce qui lui
permet de prévoir l'avenir et de prendre des dispositions pour le contrôle de la
qualité, la livraison et l'expédition. Les producteurs et les exportateurs
devraient en règle générale combiner les contrats PTBF et à prix ferme pour
répartir le risque de fluctuation des prix tout en s'assurant de pouvoir
commercialiser toute leur production pour coïncider avec le calendrier de
récolte ou d'arrivée.