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  • Préparation de l'Arabica de qualité superieure - Principe de base

     
     

    Avant de cibler un marché, il est nécessaire de comprendre son propre produit, et de savoir de quelle manière il pourra trouver sa place sur l'un ou l'autre des nombreux créneaux de marché qui composent le marché mondial du café. Même lorsque différents cultivateurs cultivent les mêmes variétés, il existe des différences dans l'âge des arbustes, dans les soins qui leur sont prodigués, dans l'utilisation des engrais, dans le traitement, la maintenance en général voire dans l'irrigation, des différences qui entraînent des variations de qualité d'une exploitation à l'autre, dans une même région géographique, sur le même flanc de montagne, et ainsi de suite. Lorsque ces différences ne sont pas trop évidentes il est possible de mélanger ces cafés pour donner une qualité stable, raisonnable et homogène. Lorsque les différences sont trop grandes, la qualité (bonne ou mauvaise) de chaque mélange est déterminée par ses composants les moins bons. Il n'est pas possible de masquer une piètre qualité en la mélangeant à un meilleur café.

    L'amplitude de la variation de la qualité dépend de la superficie de la zone ou de la région de production, des données variables dans cette région (altitude, sol, eau), du nombre de cultivateurs, de l'exposition au nord ou au sud du café, et ainsi de suite. Bien que l'on ne s'en rende pas toujours compte, il en va de même pour les domaines considérés individuellement, bien que dans une moindre mesure. Les domaines peuvent aussi avoir des lopins excellents, bons et médiocres. En mélangeant tout le café cueilli un domaine peut produire un produit acceptable, et si les variations ne sont pas trop importantes il peut même produire un bon produit.

    Mélanger plusieurs cafés est souvent le seul moyen d'obtenir des quantités commercialement viables et cela ne pose aucun problème pour autant que l'on procède en toute connaissance de cause. Le message qui est peut être le plus important ici est que le mélange mal informé de différentes qualités ou de différents lots de production est presque toujours mauvais pour les affaires et la rentabilité. Les acheteurs éclairés reconnaissent toujours les mélanges, et en dernière analyse le cultivateur ou l'exportateur pourrait devoir recommencer à zéro. Dans l'intervalle la réputation du café voire d'une région tout entière pourra en avoir affectée.

    Le terme "qualité" est souvent mal interprété.  Malheureusement nombre de producteurs et d'exportateurs semblent penser que pour faire du café de qualité il suffit de travailler l'apparence de leur café standard habituel par une nouvelle classification et un triage supplémentaire. Les compétences font parfois défaut, non seulement du côté des producteurs mais aussi du côté des consommateurs. De grandes quantités de café soi-disant de qualité sont négociées alors qu'il ne présente aucune qualité ce qui est regrettable car, en fin de compte, l'absence de qualité cause une perte d'intérêt chez le consommateur, comme cela a par exemple été le cas aux États-Unis après la Seconde guerre mondiale, avec des conséquences dévastatrices sur la consommation là-bas. Heureusement, la part de marché du segment de spécialité ou gourmet aux États-Unis est en augmentation, et cela pourrait contribuer à stopper ou à inverser cette tendance.

    Partant du principe que chaque cultivateur, région, voire même pays ne peut pas produire la meilleure qualité possible, ou du café visuellement parfait, la solution doit consister à présenter le meilleur café possible pour les marchés qui apprécient cette qualité en récompensant les efforts consentis pour la produire. Sans récompense, les cultivateurs ne peuvent se permettre d'investir le temps et l'énergie nécessaires à la production de café de qualité. Les termes "présenter le meilleur café possible" sont employés ici car le présent guide n'a pas l'intention de vanter ou de condamner un cultivar ou une variété en particulier. Les préférences varient selon les marchés, de même que les débouchés pour les différentes variétés, types et qualités de café.

    À l'exception du Mascarocoffea sauvage, au goût extrêmement amer (qui pousse à l'état sauvage dans la forêt à Madagascar), il n'existe pas de café intrinsèquement mauvais. Même le piètre Mascaro a son bon côté - il ne contient aucune caféine - mais apparemment il est aussi stérile lorsqu'il est croisé.

    Certes, certains nouveaux cultivars ne présentent peut être pas les caractéristiques de qualité des lignes originales, c'est ce qui déçoit nombre d'amateurs de café. Mais il n'existe pas de café intrinsèquement mauvais, en tous les cas pas lorsqu'il est encore sur l'arbre. La baisse de qualité qui se produit à partir de là est presque toujours due à une intervention humaine.

    Lorsque l'on aborde la qualité sous l'angle de la production, il est bon de se rappeler que quelque part quelqu'un est censé boire le café. Lorsque l'on recommande de planter ou de replanter des variétés hybrides résistantes à la maladie ou à fort rendement, il convient de s'assurer que les cultivateurs possèdent toutes les informations pertinentes. Il convient aussi de se demander quelle est la qualité attendue du café? Quelles sont ses possibilités de commercialisation? Quel a été l'accueil réservé à ce café dans l'environnement du producteur potentiel? La décision de planter une variété différente doit être une décision éclairée, qui repose sur une évaluation de la qualité et du potentiel commercial.

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