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  • 12.8.1-QUESTIONS RELATIVES AU CONTRÔLE DE LA QUALITÉ-OTA - CONTEXTE

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  • OTA - Contexte

     
     

    Quel que soit le produit, la moisissure n'est pas souhaitable et le café ne fait pas exception à la règle. Ces dernières années la présence de moisissure dans le café a de plus en plus été associée aux préoccupations relatives à la présence d'ochratoxine A (OTA) dans les aliments et les boissons. Le statut toxicologique de l'OTA n'a pas encore été établi mais les pays importateurs n'en accordent pas moins une attention croissante à sa présence dans le café et dans d'autres produits agricoles, et demandent que soient prises des mesures préventives. On peut penser sans grand risque de se tromper que dans quelques années la plupart  des pays gros consommateurs de café appliqueront ce type de mesures.

    C'est la raison pour laquelle en décembre 2000 l'OIC a parrainé un projet à hauteur de US$ 5,5 millions, financé par le FCPB, le guvernement de les Pays Bas, l'ISIC, le CIRAD et les pays participants,  et géré par la FAO, destiné à établir des lignes directrices pour la prévention des moisissures au début de la chaîne d'approvisionnement. Le projet a été achevé en 2005, et a produit abondante documentation, des directives et de matériel didactique. Voir le site www.coffee-ota.org

    Des échantillonnages et des tests approfondis sont déjà en cours dans un certain nombre de pays consommateurs. Le Centre de recherche Nestlé de Lausanne, Suisse, a mis au point un procédé de dépistage rapide de l'OTA dans le café par CCM (chromatographie en couches minces). Ce procédé est simple, solide et très bon marché, ce qui en fait un instrument particulièrement adapté à l'utilisation dans les pays producteurs. Pour de plus amples informations à ce sujet, consulter le Journal of Agricultural and Food Chemistry, numéro 50, pages 243-7 (2002). C'est important de se rappeler que l'analyse d'OTA en café vert dépend en grand partie du prélèvement précis et de la préparation appropriée de l'échantillon (meulage et homogénéisation). Pour plus sur ceci veuillez voir aussi le QR 097 dans nos archives de QRs.

      À compter du 1er mars 2006 la limite maximum suivante s'applique aux produits terminés de café dans l'Union Européenne: café rôti - 5 ppb  (parts par milliard); café soluble - 10 ppb. Aucune limite maximum n'a été fixée jusqu'a present pour le café vert mais ceci est en revue et il y a de dispositions pour le reportage annuel de l'occurrence d'OTA et les démarches préventives  à la  mi-2006. Entre temps, un certain nombre de pays européens (République Tchèque, Finlande, Grèce, Hongrie, Italie, Portugal, Espagne et Suisse) ont mis en place leur propres législations ou règlements douaniers qui ont également fixé des limites maximum (variables) sur le café vert. L'Italie impose des limites sur les produits finis de café tandis que dans quelques pays (par exemple les Pays Bas) des instructions internes pour des inspecteurs de sûreté alimentaire sont en place. Le plus grand importateur de l'Europe, l'Allemagne, applique les limites de l'UE.

      Le danger est qu'identifier publiquement un pays producteur comme une source potentielle de contamination à l'OTA (par exemple "l'alerte rapide" par l'Union Européenne, système employé par les autorités des douanes pour distribuer l'information sur des expéditions avec un risque de sûreté des produits alimentaires) risque de nuire à la réputation et au potentiel de commercialisation de son café, avec les conséquences évidentes que cela entraînera. L'Italie a d'ores et déjà mis en place un système  pour identifier les origines qui présentent un "risque élevé". L'identification d'un chargement contenant un niveau trop élevé d'OTA conduit automatiquement à l'inscription du pays producteur sur une liste "risque élevé", et il n'en sera retiré qu'une fois qu'un certain nombre de chargements "propres" auront été réceptionnés.

    Une autre question se pose : comment tester le café vert pour établir la présence d'OTA? Étant donné qu'il n'existe pas de méthode d'échantillonnage et de test universellement acceptée pour l'OTA dans le café, le risque est que les pays imposent individuellement leurs propres procédures. Il est dans l'intérêt de chacun que les procédures d'échantillonnage et de test soient normalisées à travers le monde, y compris dans les pays producteurs, et que des mesures préventives adéquates soient prises dans les pays producteurs étant donné que c'est là-bas que le problème peut être réglé à la source.

    On ne saurait trop insister sur l'importance de cette question. Le retour d'un embarquement qui a été rejeté à la frontière externe de l'UE, est sujet à l'Article 21 du règlement 882/2004 du 29 avril, 2004 sur des controles officielles. La partie de cet article applicable au café vert et aux produits importés de café fini, est le suivant :

    L'autorité compétente laissera re-expédier les chargements seulement si,

      (a) la destination a été accordée avec l'opérateur d'affaires d'alimentation ou de nourriture responsable de l'expédition; et

    (b) l'opérateur d'affaires d'alimentation ou de nourriture a tout d'abord informé l'autorité compétente du troisième pays d'origine ou du troisième pays de destination, si différente, des raisons et des circonstances empêchant le placement sur le marché de l'alimentation ou de la nourriture concernée au sein de la Communauté ; et

    (c) quand le troisième pays de destination n'est pas le pays d'origine, l'autorité compétente du troisième pays de destination a notifié l'autorité compétente de sa volonté de recevoir l'expédition.

    C'est pourtant logique que, l'échec ou l'incapacité de réexporter aura comme conséquence la destruction d'une expédition rejetée. Par conséquent il n'est pas  du tout entièrement possible que au fil du temps la disposition contractuelle des États-Unis bien connue "no pass no sale" soit un jour aussi introduite pour les cafés expédiés vers l'Europe ou ailleurs ……

    Il faut noter également qu'il est interdit mélanger des produits alimentaires étant conformes aux niveaux maximum avec produits alimentaires qui dépassent ces limites maximales. Ceci n'affecte pas le café vert pour lequel il n'y a aucune limite maximum mais signifierait qu'il ne serait pas permis de mélanger les volumes égaux, par exemple, de café torréfié contenant des niveaux 0 7ppb d'OTA avec un café torréfié contenant 2 ppb pour achever la moyenne 4.5%

    Visitez www.ecf-coffee.org et cherchez sous Publications des amples informations pratiques sur OTA comme une matière de production et commerce pour le café vert. Veuillez visiter www.coffee-ota.org pour amples renseignements et cherchez sous "Ressources" des exposés sur HACCP et sur la prévention de OTA tout le long de la chaîne du café. Le site offre également une version CD-ROM.

    (Le Règlement complet de l'UE sur l'OTA est disponible à l'adresse www.europa.eu.int/eur-lex/en/index.html; rechercher le Règlement de la Commission  472/2002 du 12 mars 2002; le Règlement de la Commission No.123/2005 du  26 janvier 2005; et le Règlement de la Commission No.1881/2006 du 19 décembre 2006 dans le Journal officiel des Communautés européennes .

    Pour un aperçu de la législation alimentaire européenne en général voir l'adresse http://europa.eu.int/com/food/food/foodlaw/index_en.htm. Cliquetez sur 'Procédures, Alerte rapide" pour voir des exemples de contrôles / résultats / refus des importations de produits alimentaires dans la liste des semaines signalés

    Aux Etats-Unis la présence de l'OTA dans les produits agricoles est associée aux préoccupations routinières de la FDA en ce qui concerne un certain nombre d'aspect de sûreté alimentaire. Bien que la FDA (Secrétariat américain aux produits alimentaires et pharmaceutiques) surveille les contaminants, la moisissure y comprise, en se basant sur des analyses d'évaluation de risque, aucune directive spécifique n'existe au sujet des niveaux d'OTA dans les produits de café.

    Mis à jour 12/2007