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  • Pesticides périmés : le programme africaine relatif aux stocks accumulés

     
     

    Quand les pays développés interdisent l'utilisation de produits chimiques dangereux, une question logique se pose: Quoi faire avec des stocks accumulés dans le pays en voie de développement?

    Au fil du temps, des stocks de pesticides et produits chimiques interdits, en tant que Pollutants Organiques Persistants ou POP*, se sont accumulés à travers le monde. Mis à part le fait qu'elles sont interdites, ces substances sont périmées, le vieillissement les rendant moins efficaces (hors de la date d'échéance) alors qu'elles sont encore dangereuses. Elles peuvent être un surplus de campagnes de contrôle de parasites, ou tout simplement elles sont restées car personne ne veut plus les employer.

    Les stocks de pesticides et de déchets périmés existent sous des formes variées: depuis les produits bien entreposés qui pourraient encore être utilisés, jusqu'aux fuites de produits qui coulent dans le sol à partir de bidons et d'autres emballages rouillés. Des tentatives d'élimination ont été parfois faites par déchargement dans des puits, l'incinération et l'enterrement, mais au fil du temps cela peut déclencher en des dommages à l'environnement tel que la pollution de l'eau et des sols, souvent pour toujours. Les dépôts souvent ne sont pas surveillés et constituent de sérieux risques pour la santé, en particulier celle des enfants. L'organisation WHO évalue que 3 millions de personnes par an sont empoisonnés par des pesticides, la plupart d'entre eux dans les pays en voie de développement.

    Il y a toujours le risque que sans des mesures rigoureuses pour le nettoyage et la prévention, les pesticides périmés puissent être réemballés et peuvent réapparaître sur le marché sous différents noms. Nombreux d'eux sont très persistants donc, mis à part le danger causé à l'environnement et la santé, ils sont encore efficaces comme pesticides pendant de longues périodes de temps, ce qui leur garantit une valeur intéressante pour la revente illégale.

    L'élimination sans danger exige une technologie sophistiquée qui la plupart du temps n'est pas disponible dans les plus pauvres des pays en voie de développement. Les quantités destinées à être éliminées, de l'autre coté, ne justifient la mise en place de telles installations en chaque pays. Souvent la meilleure solution reste l'exportation vers des lieux agréés pour l'élimination, malheureusement non seulement les coûts sont très élevés (de US.$3 500 à 5 000 par tonne), mais également les matériaux à traiter ne sont pas homogènes. Il n'y a pas donc une solution unique pour l'élimination des pesticides périmés. Cependant, il est évident que à moins que le problème ne soit pas correctement résolue, les futures générations dans les pays affectés continueront à souffrir des conséquences de l'élimination illégale de ces substances, y compris de son utilisation dans l'agriculture.

    Les pays producteurs de café dans le monde entier sont sensibles à ce problème. Par le passé, différents produits ont été utilisés alors que maintenant ils sont interdits; leur élimination sécurisée présente non seulement un problème de sécurité et de logistique, mais elle est également coûteuse. Le ré-emballage et la revente illégale peuvent poser d'énormes problèmes alors que la contamination des récoltes exportables reste une possible réalité. La condamnation des exportations d'un pays de café vert contenant des résidus de telles substances peut avoir des conséquences économiques très sérieuses de longue durée!

    Dans l'Afrique seulement, il est estimé que les stocks périmés pourraient être de 50 000 tonnes ! En réponse à des demandes de l'aide de plusieurs pays africains, le projet ASP** - Africa Stockpiles Programme a été donc créé pour aider résoudre les questions de l'identification, de la protection, du déplacement, et de l'élimination sans danger des pesticides périmés ainsi que la prévention d'accumulations des stocks dans l'avenir. Ce projet vise débuter dans sept pays prioritaires (à partir de début 2009) puis s'étendra dans d'autres pays en temps voulu.

    Le site ASP http://www.africastockpiles.net offre d'abondantes informations et des liens sur cet important sujet que des lecteurs intéressés devraient consulter. L'information sur les initiatives semblables pour l'Asie et l'Amérique Latine peut être trouvée à http://www.fao.org/ag/AGP/AGPP/Pesticide/Disposal/en/index.html

    * Dès douze POPs énumérées par la Convention de Stockholm sur les Pollutants Organiques Persistants adoptée en 2001, neuf sont des pesticides: aldrin, chlordane, endrin, dieldrin, heptachlore, DDT, toxaphene (camphector), mirex et henxachlorenebenzene. Cependant, le DDT est exempté pour un usage restreint par quelques pays dans des campagnes anti-paludisme. Il faut noter également que quelques produits pesticides commercialisés n'indiquent pas nécessairement par le nom de leurs ingrédients actifs, ce qui rende difficile leur identification correcte.

    **Certaines organisations internationales en partenariat ASP avec des gouvernements de pays en voie de développement incluent: l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture, le Banque Mondiale, le Fond mondial pour la nature, la Compétence pour l'environnement global, le Banque africaine pour le développement, le Réseau d'action contre pesticides du Royaume-Uni, et le CropLife International.

    Publié avril 2009

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