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  • 13.4.6-LE CHANGEMENT CLIMATIQUE ET L'INDUSTRIE DE CAFÉ-LES PROJETS DE MARCHÉS VOLONTAIRES

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  • Les projets de marchés volontaires

     
     
    Les exploitations de café en général, et les petites exploitations en particulier ne contribuent pas considérablement  aux émissions de GES, mais cela ne veut pas dire que les cultivateurs ne devraient pas s'engager dans des mesures d'atténuation, c'est à dire de réduire leur empreinte carbone. Cependant, les exploitations de café dans un grand nombre si ce n'est la plupart des pays offrent souvent la possibilité d'accroître leur feuillage, soit par la plantation (supplémentaire) d'arbres d'ombre ou en augmentant la totalité du feuillage dans une ferme ou dans un secteur délimité. À condition que cela soit une activité supplémentaire, c.-à-d. qu'elle n'aurait pas été mise en place sans l'incitation à gagner des crédits de carbone, de telles plantations peuvent générer des crédits carbone négociables par le processus de séquestration du carbone que les arbres supplémentaires produiront.**
     
    Services environnementaux. Une discussion particulièrement intéressante et potentiellement de grande importance pour le secteur du café, est de savoir si le maintien d'exploitations de café ombragées, à savoir la conservation des arbres d'ombre existants et leur puissance de piéger le carbone, devraient compter pour l'obtention de crédits carbone. Après tout, les exploitations de café en terrain ombragé piègent et conservent plus de carbone que le café cultivé en plein soleil, mais au prix de rendements inférieurs. C'est pourquoi  il y a un risque potentiel de surcoût à adopter ces méthodes de conservation plutôt que la culture du café au soleil. 
     
    Bien que dans certains cas, ce coût puisse être compensés, s'il est lié aux prix du café  haute de gamme comme le bio, l'absence d'incitations pour que les agriculteurs  fournissent ce type de services environnementaux est évidente. En outre, les agriculteurs ne devraient-ils pas être récompensés pour conserver l'ombrage existant comme cela est proposée pour les forêts dans le programme REDD (Réduction des émissions résultant du déboisement et la dégradation des forêts)?
     
    La condition actuelle selon laquelle les agriculteurs cultivant le café sous ombrage devraient planter des arbres supplémentaires avant qu'ils puissent se qualifier pour un crédit carbone, signifie en réalité que les services environnementaux qu'ils fournissent  sont déjà ignorés.
     
    Fin 2009 nous n'avons pas encore connaissance de projets concernant le café qui auraient  produit des crédits de carbone négociables, mais il y a un certain nombre de projets en cours vers cette direction. Par exemple:
     
    • CATIE, le Centre agronomique tropical de recherche et de formation au Costa Rica - www.catie.ac.cr en 2004-2006, a élaboré un manuel technique sur la façon de comptabilizer le carbone - la Capture du carbone et le développement de marchés environnementaux pour les fermes indigènes de cacao et d'autres systèmes d'agrosylviculture. Pour plus d'informations contacter Eduardo Somarriba à esomarri@catie.ac.cr.
    • CATIE travaille également avec le Fondo Nacional de Financiamiento Forestal (FONAFIFO) au Costa Rica sur un Programme de paiement pour des services environnementaux  visant à établir des critères concernant les paiements environnementaux aux plantations de café ombragées. Pour de plus amples renseignements à ce sujet contactez Elias de Melo à eliasdem@catie.ac.crou Jeremy Haggar à jhaggar@catie.ac.cr 
    • Le Rainforest Alliance - www.rainforest-alliance.org, avec un financement de la Société financière internationale, a accompli un projet de deux ans (2008/2009) intitulé «Le développement et la mise en place d'un méthode crédible de surveillance du carbone pour les exploitations de café» ayant comme but la lutte contre la changement climatique tout en favorisant le reboisement; de permettre aux agriculteurs de vendre le carbone que les arbres supplémentaires piègeront de l'atmosphère; d'éviter les coûts élevés habituellement associés à la transaction des projets de compensation de carbone, et de développer une méthodologie qui puisse être utilisée dans d'autres régions et secteurs.*** Un aperçu du projet est disponible à http://www.rainforest-alliance.org/climate.cfm?id=carbon_coffee 
    • Le même projet de Rainforest Alliance a produit un manuel d'orientation intitulé «Guide pour le développement du carbone dans le café en utilisant la méthodologie d'agrosylviculture simplifiée». Ce guide traite de l'entiere séquence du projet, à partir de l'identification jusqu'à la négociation des crédits carbone. En d'autres termes, un examen complet du développement des projets de carbone. Téléchargez le Guide complet (en anglais ou en espagnol) sur http://www.rainforest-alliance.org/climate/documents/coffee_carbon_guidance.pdf.pdf 
    • Adaptation au changement climatique pour les petits exploitants est un partenariat public-privé entre le Cafédirect plc (www.cafedirect.co.uk) et la Coopération technique allemande (GTZ - http://www.gtz.de/en) qui vise à renforcer les capacités des petits producteurs de café et de thé  à s'adapter au changement climatique et à améliorer leur accès aux mécanismes de financement respectifs. La mise en œuvre a débuté en 2009 avec des groupes pilotes de producteurs au Pérou, au Nicaragua, au Mexique et au Kenya. L'objectif général est de diffuser les résultats et les leçons apprises au niveau international et d'arriver graduellement à une empreinte plus large avec plus de partenaires internationaux. La stratégie d'adaptation du groupe pilote péruvien est axée autour d'un projet carbone de reboisement qui, bien que situé dans un bassin d'eau plus élevé, fournit des effets d'adaptation aux régions productrices de café plus basses.Pour plus de détails, y compris une série complète de documents sur le projet, fiches documentaires et présentations de fond pertinentes visitez http://www.adapcc.org/en/downloads.htm 
    • Le Fonds BioCarbone de la Banque mondiale. C'est précisément en raison des difficultés auxquelles sont confrontées de nombreux pays en voie de développement  pour participer au Mécanisme de développement propre - CDM, le Fonds Biocarbone fournit un financement carbone pour des projets qui séquestrent ou conservent des GES dans les forêts, les agrosystèmes et autres écosystèmes. Visitez http://go.worldbank.org/IVUUKC9210. Actuellement, le Fonds soutient environ 25 projets de reboisement, trois projets de REDD (Réduction des émissions résultant du déboisement et de la dégradation des forêts dans les PED) en Colombie, en Honduras et à Madagascar  (les détails sont fournis sur le site web) et est en train de se lancer dans des projets pilotes de carbone du sol. Le Fonds BioCarbone travaille également avec le Green Belt Movement au Kenya (GBM) sur le reboisement des terres dégradées. Ce projet pilote paiera les communautés locales et leur fournira la technologie et la connaissance pour reboiser ces terres et pour gérer la nouvelle forêt. Les paiements du carbone permettront au GBM de répandre cette technique et ses avantages à d'autres domaines.****
     
    Tout ce qui précède indique que plus d'information détaillée et des exemples concrets sur la manière dont les cultivateurs de café devraient progresser dans un système de négociation dans le marché volontaire du carbone, seront disponibles en  2010 ou au plus tard en 2011.
     
    * Il est important de noter que le rapport et la vérification crédibles des crédits carbone exigent que "l'Unité crédit carbone" soit toujours la même, peu importe où et comment elle a été produite. Donc, pour être crédible, un projet doit être conforme à des normes et procédures admises, ainsi qu'à une accréditation, validation et vérification transparentes. Il doit être correctement structuré et des registres adéquats doivent être tenus. Pour plus d'informations à ce sujet visitez http://www.adapcc.org/download/LPedroni-Carbon-Credits.pdf 
    ** Un aspect intéressant des projets de sylviculture est que les plantations etc, peuvent être surveillées grâce à des images satellite, par exemple grâce à GoogleMaps.
    *** Voir également La forêt mondiale et le Réseau commercial (GFTN de l'anglais Global Forest and Trade Network)- http://gftn.panda.org Le GFTN est une organisation mondiale pour la faune et fournit des informations, des contacts et des outils pour ce qui concerne la gestion durable des forêts et la certification forestière.
    **** L'inscription au site web du Fonds Biocarbone donne l'accès à un certain nombre de documents, y compris des rapports sur l'état des marchés du carbone (à la fois au titre du MDP qu'au titre du carbone volontaire).