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  • 13.3.2-LE CHANGEMENT CLIMATIQUE ET L'INDUSTRIE DE CAFÉ-DANS LA RÉALITÉ, QUELLES ACTIONS SPÉCIFIQUES POURRAIENT OU DEVRAIENT ÊTRE MISES EN OEUVRE?

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  • Dans la réalité, quelles actions spécifiques pourraient ou devraient être mises en oeuvre?

     
     

    Il est important de faire la différence entre l'atténuation et l'adaptation, c'est à dire des actions qui pourraient contribuer à atténuer le changement climatique, et les actions qui pourraient aider les cultivateurs de café à s'adapter à l'impact du changement climatique. C'est-à-dire

    • La production de café elle-même contribue aux émissions de GES. Comment ces émissions peuvent-elles être réduites? Et comment les puits de carbone peuvent-ils être augmentés?*
    • Dans la pratique, que peuvent faire les cultivateurs de café, si quelque chose peut être fait, pour s'adapter aux effets du changement climatique?

    Il est tout aussi important d'apprécier que, collectivement, les petits exploitants possèdent un énorme bagage de connaissances pratiques et d'histoire agricole, signifiant qu'ils comprennent ce qui a changé ou en voie de changement dans leur secteur. La valeur de ce «capital humain» ne devrait pas être ignorée.

    Une enquête et une note de mesures éditées par le Centre agronomique tropical de recherche et de formation - CATIE (de l'espagnol Centro Agronómico Tropical de Investigación y Enseñanza, au Costa Rica (www.catie.ac.cr) identifie trois réactions principales des cultivateurs de café méso-américain lors de crises passées et aux changements actuels dans le secteur du café:**

    • Changements dans les pratiques agricoles, visant à réduire les coûts, à améliorer la fertilité de la terre, ou à répondre aux critères de durabilité des nouveaux marchés.
    • L'organisation sociale, nécessaire pour que les petits producteurs accèdent aux nouveaux marchés, aux technologies ou aux programmes de soutien et pour aider les agriculteurs à s'adapter ou à réagir aux changements globaux.
    • Participation à de nouvelles stratégies de marketing pour les aider à identifier et à développer la valeur sociale et environnementale de leurs produits.

    D'autres réponses incluent la diversification vers des activités non agricoles, l'adoption de cultures plus rentables, la diminution de la superficie dédiée au café, la diminution de la main-d'œuvre et de l'utilisation d'intrants et même la migration aux centres urbains ou aux pays plus développés.

    Des enquêtes menées ont classé cinq secteurs d'intervention potentiels comme suit:

    • Plus important: (i) changements des pratiques agricoles et (ii) l'organisation sociale.
    • Important: (iii) participation à de nouvelles stratégies de marketing.
    • Moins important: (iv) nouvelles activités économiques, et (v) nouvelles cultures commerciales.

    En plus de reconnaître la valeur du capital humain, à savoir la connaissance agricole collective qui existe déjà dans le secteur des petits exploitants, les recommandations stratégiques incluent:

    • Améliorer l'accès à l'information, y compris l'information sur le marché, la technologie de l'agriculture, etc, et de développer la capacité d'interpréter de telles informations.
    • Établir les mécanismes financiers, y compris l'assurance du climat, l'accès au micro-crédit pour faciliter l'adaptation, c'est-à-dire récoltes organiques, cultures de substitution, nouvelles variétés, l'ombrage, etc
    • Investir dans le capital social, à savoir la construction de structures qui permettent aux petits exploitants d'accéder aux ressources nécessaires pour s'adapter au changement climatique, l'accès aux nouveaux marchés et l'exploitation de la valeur sociale et environnementale de leurs activités agricoles.

    Un certain nombre de projets autre part dans le monde ont mené ou mènent des enquêtes semblables. Les indications sont que les résultats peuvent ne pas être tellement différents. Des exemples sont donnés ailleurs dans le présent document.


    * La séquestration du carbone. Le processus d'augmentation de la teneur en carbone d'un réservoir de carbone autre que l'atmosphère. Les approches biologiques de la séquestration comprennent la suppression directe du dioxyde de carbone de l'atmosphère grâce à la réaffectation des sols, l'afforestation, le reboisement et les pratiques qui favorisent le carbone du sol dans l'agriculture. Les approches physiques incluent la séparation et l'élimination du dioxyde de carbone des gaz d'évacuation ou de traitement de combustibles fossiles pour produire des fractions riches d'hydrogène et de dioxyde de carbone et l'entreposage à long terme dans des réservoirs souterrains épuisés de pétrole et de gaz, des veines houillères et des aquifères salines. Puits de carbone. Tout processus, activité ou mécanisme qui élimine un gaz à effet de serre, un aérosol ou un précurseur de gaz à effet de serre ou d'un aérosol de l'atmosphère. Alternativement, les puits de carbone sont des réservoirs qui peuvent absorber ou «séquestrer le dioxyde de carbone» de l'atmosphère et incluent les forêts, les sols, la tourbe, le pergélisol, l'eau des océans et des gisements de carbonates dans l'océan profond. La forme la plus communément référencée en puits de carbone est celle des forêts. Les plantes et les arbres absorbent le dioxyde de carbone de l'atmosphère par l'intermédiaire de la photosynthèse, retiennent le composant de carbone comme élément de base de fibres végétales et libèrent l'oxygène de nouveau dans l'atmosphère. Par conséquent, les plantes à vie longue riches en biomasse telles que des arbres et des forêts constituent des puits de carbone efficaces, aussi longtemps qu'ils sont maintenus.

    ** Septembre 2009 "Construire la résilience au changement mondial pour les cultivateurs de café en Mésoamérique" par Hallie Eakin, Edwin Castellanos et Jeremy Haggar. NB: Mésoamérique = région d'Amérique centrale et le Mexique. Pour un aperçu visitez
    http://www.catie.ac.cr/BancoMedios/Documentos%20PDF/cafe_politicas_09_ing.pdf