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  • 4.2.7-CONTRATS-CONDITIONS DE PAIEMENT

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  • Conditions de paiement

     
     

    Généralement, et cela est conseillé, les conditions de paiement sont convenues à l'avance et sont donc déjà connues des deux parties, en particulier si la relation professionnelle existe depuis quelques temps. Mais lors d'une transaction avec un nouvel acheteur, les conditions de paiement doivent être spécifiées. (Voir aussi la section 06, Commerce électronique et gestion de la chaîne d'approvisionnement.)

    Lettre de crédit 

    Règles et Usances Uniformes (RUU) 

    Dans le contexte de ce Guide, une lettre de crédit (ou accréditif) fondamentalement est un contrat entre une banque et un vendeur par lequel la banque s'engage à payer au vendeur une somme convenue contre la livraison d'un jeu convenu de documents d'expédition. Les termes et conditions régissant des lettres de crédit sont définis en ce qui est connu comme Règles et Usances Uniformes (RUU) Relatives aux Crédits Documentaires publié par la Chambre Internationale de Commerce. La version la plus récente, RUU 600, entrera en vigueur le 1er juillet 2007. En raison de son importance, la RUU est présenté dans la section 04.06 à la fin de ce chapitre.

    Paiement au moyen d'une lettre de crédit (L/C): il exige que l'acheteur fasse établir une lettre de crédit avant l'embarquement. Une lettre de crédit représente un engagement de la banque de l'acheteur à l'égard de la banque de l'exportateur que le paiement sera effectué sur présentation de certains documents tels que la facture, le certificat d'origine, la note de poids, le certificat de qualité et le connaissement (pour le transport maritime) ou la feuille de route (pour le transport ferroviaire ou routier). L'exportateur devrait s'assurer qu'il peut obtenir les documents spécifiés dans la lettre de crédit. Parfois les acheteurs exigent que les documents soient vérifiés par une ambassade ou un consulat non situés dans le pays de l'exportateur, ou ils peuvent inclure des documents que l'exportateur n'a aucune obligation contractuelle de présenter.

    Le temps est très important dans les lettres de crédit. La L/C doit être à la disposition de l'exportateur à partir du premier jour de la période d'expédition convenue, et elle doit rester valable pour la négociation pendant 21 jours civils après le dernier jour d'expédition autorisé. Les délais sont en effet à surveiller de près : une fois la date d'expiration passée, la lettre de crédit n'est plus valable que dans la mesure où l'acheteur est disposé à la proroger.

    Si les modalités et les conditions de la lettre de crédit ne sont pas respectées, la banque de l'exportateur ne payera pas l'exportateur tant que l'acheteur n'aura pas confirmé que tout est en ordre. Ceci peut impliquer d'envoyer les documents à l'étranger sans paiement. Si à ce stade l'acheteur refuse d'effectuer le paiement, l'exportateur peut se retrouver avec une expédition non réglée dans un port étranger quelconque. On ne saurait trop souligner l'importance du respect de toutes les conditions de la lettre de crédit. Les exportateurs devraient toujours consulter leurs banquiers avant de présumer qu'une lettre de crédit est acceptable.

    Une lettre de crédit ordinaire (c.-à-d. révocable) ou non confirmée n'est rien davantage qu'une promesse incertaine de payer si certaine documentation est présentée. Cependant, le RUU 600 s'éloigne des crédits révocables, c.-à-d. à partir du 1er juillet 2007 tous les crédits seront automatiquement irrévocables. 

    Une fois établie, une lettre de crédit irrévocable ne peut être annulée. L'exportateur peut être certain que les fonds seront disponibles si les documents sont présentés. Il se peut quand même que la banque de l'exportateur ne le règle qu'après avoir reçu les fonds de la banque qui a établi la lettre de crédit. Cela peut créer des problèmes par exemple si l'acheteur soutient que les documents ne sont pas correctement établis ou si la banque de l'acheteur tarde à effectuer le paiement.

    Dans le cas d'une lettre de crédit confirmée et irrévocable la banque de l'exportateur confirme que le paiement sera effectué sur présentation en temps voulu des documents valables sans en référer à la banque émettrice. En ajoutant sa confirmation, la banque de l'exportateur garantit donc le paiement. Si la banque négociatrice découvre une légère anomalie dans les documents, une faute d'orthographe, par exemple, elle peut encore les négocier à condition que l'exportateur signe une garantie qu'en cas de refus de l'acheteur, il remboursera le paiement reçu en attendant que l'affaire soit tranchée.

    À chaque fois qu'un exportateur estime qu'une lettre de crédit est nécessaire, il devrait insister pour qu'elle soit confirmée et irrévocable. Même alors, il faut toujours prendre grand soin de s'assurer que tous les détails sont respectés, y compris l'orthographe des mots et les marques d'expédition.

    Méthodes alternatives de paiement

    Paiement net comptant à première présentation des documents (NCAD - net cash against documents). L'acheteur doit effectuer le paiement lors de la première présentation des documents. L'exportateur acceptera cette méthode de paiement s'il connaît bien son acheteur et a confiance dans sa solidité financière et son intégrité. L'exportateur peut présenter les documents par l'intermédiaire de sa propre banque, laquelle demande alors à un correspondant bancaire à l'étranger de les présenter à l'acheteur, d'encaisser le paiement et de remettre les fonds, diminués des frais de recouvrement, à la première banque pour le compte de l'exportateur. (Ceci inclut les frais (raisonnables) prélevés par la banque de l'acheteur parce que cette banque agit à présent sur instruction de la banque du vendeur et, par conséquent, du vendeur. Voir article 19(d) du contrat EEC, 18 (c) du E.FCA.CC et la section pertinente du contrat GCA.) De cette manière, les documents restent dans le système bancaire jusqu'à réception du paiement, garantissant ainsi que l'exportateur garde la maîtrise de la marchandise. Si l'exportateur a besoin d'un règlement rapide, il peut demander à sa propre banque d'avancer tout ou partie de la valeur de facture. C'est ce que l'on appelle la négociation de documents. L'exportateur reste bien entendu responsable de la transaction : si l'acheteur n'effectue pas le paiement, la banque de l'exportateur exigera que son argent lui soit restitué.

    Documents en confiance (documents in trust). En supposant que la banque de l'exportateur ne s'y oppose pas, les documents peuvent aussi être envoyés directement à l'acheteur en lui demandant d'effectuer le paiement dès réception des documents. On parle alors d'envoyer les documents en confiance. Comme l'expression l'implique, la décision de le faire dépend entièrement de la confiance mutuelle entre les parties.

    Dans le cas du paiement net comptant contre documents à l'arrivée, le paiement est dû lorsque les marchandises parviennent au port de destination. Lors de ventes sur cette base l'exportateur devrait toujours stipuler que le paiement doit être effectué à l'expiration d'un certain délai, que la marchandise soit arrivée ou non. Faute de quoi des problèmes ne manqueront pas de survenir si pour une raison ou une autre la marchandise arrive avec six mois de retard ou n'arrive pas du tout suite à un naufrage. Les contrats devraient donc toujours stipuler "paiement net comptant contre documents d'expédition à l'arrivée de la marchandise à [destination] mais au plus tard dans les 30 [ou 60] jours de la date du connaissement".